A Wall Street, 2017 devait être l’année du rebond pour le marché des IPO (l’acronyme américain de «initial public offering», soit une introduction en bourse), en grande partie grâce à la «tech». Les revenus des IPO, limités à 2,9 milliards de dollars en 2016 (selon Thomson Reuters), devaient connaître une hausse sensible, aidés par une bourse américaine qui bat des records depuis l’élection de Donald Trump.

«La deuxième moitié de 2017 sera meilleure que 2016 mais nous ne devrions pas voir les niveaux de 2015 ou 2014», relativise Kathleen Smith, la présidente de Renaissance Capital citée par l’agence Reuters.

Il faut remonter à Facebook en 2012 pour trouver une entrée en bourse plus spectaculaire que celle de Snap en mars dernier. Sauf que l’action, en hausse de 44% après la première journée de cotation, végète désormais autour de son prix d’introduction (17 dollars).

Redfin lève davantage d’argent que prévu

Lancé sur le New York Stock Exchange le 29 juin, Blue Apron, l’autre IPO massive du premier semestre, connaît des débuts catastrophiques. L’action a baissé de plus 30% par rapport son prix d’introduction (10 dollars). Les circonstances – le rapprochement entre Amazon et la chaîne de supermarchés Whole Foods quelques jours avant l’entrée en bourse – expliquent partiellement l’échec de cette «licorne» (une start-up valorisée à plus d’un milliard de dollars sur les marchés privés), spécialiste de la livraison de repas à cuisiner.

Le climat actuel n’a pas fait reculer d’autres noms de la tech, peut-être pressés par des investisseurs impatients de récupérer leur mise. Depuis vendredi, Redfin est côté sur le Nasdaq. L’agent immobilier en ligne, basé à Seattle, a levé 138 millions de dollars, davantage que les 120 millions espérés. L’action a terminé sa première journée de cotation à 21,72 dollars, ce qui se traduit par une capitalisation boursière de 1,73 milliard de dollars.

Redfin, qui fait aussi travailler des agents immobiliers pour faire visiter les maisons en vente, propose des commissions inférieures aux agences traditionnelles. Des taux faibles (1% en Californie) possibles grâce à la technologie, assurent ses dirigeants. La société a annoncé 267 millions de dollars de revenus et 22 millions de pertes pour 2016. Le futur immédiat de Redfin donnera des indications supplémentaires sur l’état d’esprit des investisseurs face à la tech grand public.

WeWork à Wall Street dès cette année?

Roku, un concurrent d’Apple TV, de Google Chromecast et d’Amazon Fire TV, devrait lui aussi faire ses premiers pas à Wall Street prochainement. Selon le Wall Street Journal, Morgan Stanley et Citigroup ont été chargés de préparer l’IPO. En plus de 400 millions de dollars de revenus en 2016, Roku revendique 15 millions d’utilisateurs actifs et 7 milliards d’heures streamées au premier semestre 2017. Ce qui fait espérer au siège de Los Gatos un milliard de dollars de capitalisation boursière. Mais Roku pointe encore derrière Chromecast (30 millions d’utilisateurs en 2016) et Apple TV (plus de 20 millions).

Le plus gros test du deuxième semestre concernera sans doute Dropbox, valorisée à 10 milliards de dollars en 2014. Drew Houston soutient que son service de stockage de fichiers pourrait atteindre le milliard de dollars de revenus en 2017, notamment grâce à sa clientèle business.

Mais comme Roku, le pure-player Dropbox fait face aux géants Google et Amazon. Il s’agirait de la plus grosse IPO de l’année après Snap. A moins que WeWork et sa valorisation de 17 milliards de dollars ne lui volent la vedette. Adam Neumann, le patron de la start-up de cotravail, a confirmé mi-juillet que son entreprise entrerait en bourse mais sans préciser d’échéance. Nasdaq ou NYSE, rien n’est encore décidé non plus.

Les licornes Spotify (qui réfléchirait à une cotation directe plutôt qu’à une IPO) et Ancestry.com (dont la capitalisation pourrait atteindre 3 milliards de dollars) font partie des autres candidats à surveiller. Les géants Uber et Airbnb ne devraient, quant à eux, pas bouger cette année.