Le FBI enquête sur le fonds malaisien 1MDB

Scandale Les avoirs gelés en Suisse seraient ceux du gouvernement

Après la Suisse, Hongkong et le Royaume-Uni, voilà que le FBI et le Département de la justice américain ont également ouvert une enquête, respectivement pour blanchiment et pour corruption, contre le fonds souverain malaisien 1MDB, selon le Wall Street Journal de samedi et de lundi. L’affaire concernant le détournement de 700 millions de dollars (680 millions de francs), ayant transité notamment par des banques suisses, impliquerait le premier ministre de Malaisie, Najib Razak, lequel assure que cette somme créditée sur ses comptes correspond à des «donations». Ce supposé plus gros scandale financier d’Asie du Sud-Est a pour origine des documents confidentiels livrés par Xavier Justo, ex-directeur de PetroSaudi à Genève.

Toutefois, Singapour a gelé en juillet dernier deux comptes de succursales helvétiques (Coutts et BSI), soupçonnées d’avoir des liens avec ce dossier. Ailleurs, ce sont les banques Credit Suisse, JPMorgan et l’enseigne suisse Falcon Private Bank qui font l’objet d’investigations. Pendant ce temps, le volet malaisien de l’enquête piétine, le pouvoir de Kuala Lumpur ayant limogé plusieurs dirigeants de son cabinet, dont le vice-premier ministre, et destitué le procureur général de Malaisie, ainsi que le sous-chef de l’unité spéciale d’enquêtes du pays.

«Leaks» de Malaisie à Berne

L’ouverture d’enquêtes outre-Atlantique intervient peu après l’arrestation de Khairuddin Abu Hassan, ex-membre du parti au pouvoir en Malaisie, alors qu’il devait s’envoler pour New York afin de porter plainte pour blanchiment contre 1MDB et d’exhorter les autorités américaines à réagir face à ses dénonciations. D’après le New York Times, le personnage s’était déjà rendu à Berne, en août dernier, avec son avocat, pour livrer des documents attestant d’une fraude financière liée à 1MDB.

Il y a dix jours, le parquet fédéral (MPC) a confirmé le gel de plusieurs dizaines de millions de dollars en rapport avec 1MDB. La Finma, le gendarme financier helvétique, est également active dans ce dossier. Selon nos informations, parmi les avoirs séquestrés en Suisse figureraient ceux de Najib Razak. Ce que le MPC n’a pas souhaité confirmer, préférant réserver ses commentaires pour une date ultérieure.