Que c’est compliqué. Le traçage des contacts dans les bars, restaurants ou théâtres devient un cauchemar pour tout le monde. Pour les clients de ces établissements, qui sont nombreux à être extrêmement réticents à laisser leurs coordonnées. Pour les responsables de ces lieux de sortie, qui peinent à lister correctement leurs clients. Et aussi pour les responsables du système sanitaire, qui se retrouvent face à des coordonnées incomplètes ou fantaisistes.

La situation est chaotique et insatisfaisante: ce n’est pas ainsi que le traçage des contacts, pour lutter contre la pandémie, s’effectuera de manière efficace. Or l’obligation de ce traçage, effectué de manière numérique, commence à apparaître, comme on l’a vu la semaine passée dans le canton de Vaud. Il y a aujourd’hui une dizaine d’apps privées de traçage qui ont été lancées, telles SocialPass. Certaines ont reçu l’aval des autorités, d’autres pas. Et toutes respectent à des degrés divers la sphère privée de l’utilisateur. Infomaniak s’est aussi impliqué dans le débat avec sa solution SafeTracing.

Désormais, c’est au tour de l’EPFL de se lancer, avec une solution technique, CrowdNotifier, qui se veut encore plus respectueuse des utilisateurs. Ce protocole, que des développeurs d’apps pourront utiliser, fonctionne aussi en scannant un code QR à l’entrée de l’établissement. Aucune donnée sensible n’est stockée chez l’organisateur de l’événement, ou dans un système central. Cette solution, qui sera sans doute bientôt lancée concrètement, semble très intéressante.

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Mais rien ne garantit son succès dans un monde où la défiance tant envers les systèmes de traçage que les aides technologiques est très importante. Et ce n’est pas que de la responsabilité des utilisateurs, comme on l’a vu avec SwissCovid; l’app a beau être excellente du point de vue du respect de la vie privée, son intégration au sein du système de santé est largement perfectible. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le temps qu’il faut à certains utilisateurs pour recevoir leurs codes – parfois, ils ne les reçoivent même jamais.

Pour que ces solutions soient plus efficaces encore, il faut donc une coordination irréprochable avec le système sanitaire. C’est une condition absolue.