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Après UBS, Credit Suisse se plie à la nouvelle donne réglementaire

Le numéro deux bancaire créera aussi une société affiliée pour ses activités helvétiques. Les marchés ont accueilli l’annonce sans enthousiasme

Fin octobre, UBS a ouvert la brèche en dévoilant, dans son rapport trimestriel, son intention de créer une nouvelle filiale bancaire en Suisse. Credit Suisse, qui minimisait début novembre la nécessité d’une telle réforme, a pourtant présenté jeudi un plan d’adaptation de sa structure juridique plus détaillé que celui de son rival.

Avec la création d’une entité helvétique, Credit Suisse vise à garantir, même en cas de crise, la poursuite des fonctions jugées d’importance systémique pour le pays. Le plan présenté comprend, d’une part, la réorganisation de la structure juridique de Credit Suisse dans trois pays et, d’autre part, la mise en place de deux mesures organisationnelles valables au niveau du groupe.

En Suisse, la banque a l’intention de créer une société affiliée pour ses affaires comptabilisées dans le pays, soit principalement la gestion de fortune, la clientèle de détail, d’entreprise ou institutionnelle. Les opérations de Credit Suisse au Royaume-Uni resteront, elles, le centre névralgique des activités de banque d’affaires européennes. Enfin, le holding américain Credit Suisse USA Inc., qui chapeautera les activités opérationnelles basées outre-Atlantique, sera, lui, soumis aux règles de la Réserve fédérale, qui prévoient une surveillance renforcée des établissements étrangers.

S’y ajoute le projet de créer en Suisse une entité juridique pour l’infrastructure mondiale, capitalisée séparément. Quand le cadre juridique sera approuvé, Credit Suisse prévoit d’émettre de la dette admissible pour une conversion en capital qui, en cas de faillite, permettrait de se renflouer sans aide étatique.

L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), a salué jeudi «toute mesure qui vise à faciliter un plan d’urgence». Credit Suisse a aussi tout intérêt à exécuter un tel plan, car le groupe peut escompter une réduction limitée des exigences de fonds propres, comme le prévoit la loi suisse sur les banques.

Ce rabais peut représenter entre 1 et 2% par rapport aux exigences de fonds propres des actifs pondérés du risque. UBS avait aussi cité ce point pour justifier la mise sur pied d’une filiale helvétique, qui regroupera les activités de banque de détail et d’entreprise (Retail & Corporate) et, vraisemblablement, celles de gestion de fortune enregistrées en Suisse.

Le poids des activités suisses n’est pas négligeable pour les deux groupes. Au troisième trimestre, l’unité de banque de détail et d’entreprise d’UBS a dégagé un résultat avant impôts de 402 millions de francs, plus que la banque d’investissement (251 millions) ou la gestion d’actifs (118 millions). Même constat chez Credit Suisse: l’unité Corporate & Institutional Clients, qui regroupe principalement les clients d’entreprises et institutionnels, a dégagé un bénéfice avant impôts de 240 millions de francs, plus que la banque d’affaires (229 millions).

Globalement, l’annonce effectuée par Credit Suisse a reçu un accueil positif de la part des analystes. La banque Vontobel a estimé que la nouvelle structure de la banque sera plus simple et efficace en termes d’exploitation. La Banque Cantonale de Zurich (BCZ) a estimé que ce plan est déjà «plus avancé qu’attendu». A la bourse, ce train de mesures a toutefois été accueilli sans enthousiasme. L’action Credit Suisse a cédé 0,3% à 26,11 francs, dans un marché en légère baisse.

Globalement, l’annonce effectuée par Credit Suisse a reçu un accueil positif de la part des analystes

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