Après un an d’arrêt, la Chine renoue avec les introductions en bourse

Cotation Pékin autorise de nouveau les entrées sur le marché

Un véritable test pour le régulateur

Après plus d’une année de suspension, la Chine autorise de nouvelles introductions sur ses marchés boursiers. Cinq entreprises ont reçu le feu vert de la Commission de régulation boursière et ont commencé, jeudi, la promotion de leur entrée à la cotation, dans l’espoir de lever en cumulé 2,1 milliards de yuans, soit 252 millions d’euros, dans le mois.

Le fabricant de valves Neway Valve, basé à Suzhou (province du Jiangsu), sera coté sur le marché principal de Shanghai. Les autres groupes entreront sur la deuxième place boursière du pays, Shenzhen (province du Guangdong), aux portes de Hong­kong. La marque d’électroménager Xinbao sera introduite sur son marché réservé aux PME tandis que trois autres, Truking Technology, Wolwo Pharma, Qtong Education, seront cotés au Chinext, le marché chinois des entreprises à forte croissance, fondé sur le modèle du Nasdaq et qui, pour l’heure, compte 350 valeurs.

Ces nouvelles introductions en bourse constitueront un test de confiance pour le marché chinois. Les autorités locales avaient suspendu les entrées sur le marché en novembre 2012, après plusieurs opérations qui s’étaient avérées désastreuses.

Le trop grand rôle du régulateur dans la fixation du prix initial des valeurs nouvellement introduites a conduit à des chutes vertigineuses dans les mois suivant la première cotation de nombre d’entreprises. Les multiples fraudes faisaient par ailleurs planer le doute sur la fiabilité des données rendues publiques.

La Commission de régulation boursière a puni trois maisons de courtage depuis mai 2013 pour des audits préalables frauduleux, tandis qu’au moins 21 banquiers, auditeurs et autres avocats ont été bannis de l’industrie.

Le régulateur estime qu’une cinquantaine d’entreprises pourraient avoir reçu les approbations nécessaires à l’offre initiale avant la fin janvier, mais il faudra au moins un an pour satisfaire les 760 entreprises en attente d’une entrée sur le marché.

Le secteur financier redoute désormais de voir la vague d’introductions noyer le marché. Si le nombre de cinq premières introductions a été jugé faible par plusieurs analystes impatients, il s’agit pour le régulateur d’éviter que les investisseurs se débarrassent massivement de leurs portefeuilles actuels pour se tourner vers ces entreprises nouvellement cotées.

Le Chinext, qui pourtant a gagné 75,5% sur l’ensemble de 2013, a perdu 7,1% en une journée, le 2 décembre, à la suite de l’annonce des opérations de janvier.

Ce Nasdaq chinois est l’un des rares indices à avoir tenu la route en 2013. En comparaison, l’indice composite de Shanghai, premier panier de valeurs du pays qui englobe les poids lourds de l’économie chinoise, a perdu 7% sur l’ensemble de l’année, sur fond de ralentissement de l’économie (avec une croissance estimée à 7,6% pour 2013). La presse chinoise rapporte que six grandes entreprises publiques sont parmi les dix ayant perdu le plus de valeur au cours de l’année passée, au premier rang desquelles le géant pétrolier CNPC, connu à l’international sous le nom de Petrochina.

Signe du manque de confiance, le marché de Shanghai aura connu la pire performance d’Asie en 2013. La bourse du premier centre économique de Chine continentale a perdu 36% de sa valeur depuis 2009. Confrontés à ces perspectives peu réjouissantes, nombre d’investisseurs ont préféré se tourner vers le marché immobilier, qui a mieux tenu.

La Commission de régulation boursière a puni trois maisons de courtage depuis mai 2013