Ouf de soulagement, mais de courte durée. L’accord sur le rehaussement du plafond de la dette américaine n’a pas réussi à dissiper les doutes. Les marchés n’y ont vu guère d’éléments à restaurer la confiance et à relancer l’économie. Après un début tonitruant en Asie, puis en Europe, les places financières ont reculé lundi dans la journée aussi fortement qu’elles avaient remonté quelques heures plutôt.

De la même façon, la monnaie américaine, qui avait pris quelques couleurs lundi matin, a repris sa tendance baissière. Le dollar a atteint un nouveau record de faiblesse vis-à-vis du franc suisse, descendant sous la barre de 78 centimes. Idem pour l’euro qui ne valait que 1,11 franc à la clôture.

Pour les analystes, les incertitudes demeurent. Elles concernent notamment d’autres mesures qui pourraient être initiées d’ici à l’automne aux Etats-Unis pour réduire les dépenses publiques d’encore un cran. Selon les chiffres publiés vendredi, l’économie américaine a enregistré un taux de croissance anémique de 1,3% au premier semestre 2011. Et pour ne rien arranger, Washington a annoncé lundi que l’activité manufacturière avait quasi stagné en juillet, l’indice ISM atteignant son plus bas niveau depuis juillet 2009. La crainte d’une récession, plus aiguë que celle de 2008, a été exprimée ici et là. L’incertitude et le manque de perspectives qui vont vaciller les marchés ne concernent pas uniquement les Etats-Unis. En Europe, des doutes s’expriment à propos du plan de sauvetage de la Grèce au coût de 160 milliards. Et de nombreux indicateurs montrent que le Portugal, l’Espagne et l’Italie sont aussi au bord du gouffre.