Face à la difficulté de répercuter la hausse des prix des matières premières, le groupe bâlois Clariant se voit contraint de tailler dans les coûts et dans les effectifs. Et comme Clariant Allemagne affiche des coûts de personnel supérieurs à la moyenne, c'est cette unité qui fait les frais des mesures d'assainissement communiquées mardi par Rolf W. Schweizer, président du conseil d'administration, lors de la conférence de presse annuelle qui s'est tenue à Bâle.

Leader des molécules pour les sciences de la vie

D'ici à la fin de l'exercice 2002, ce sont ainsi 800 emplois qui doivent passer à la trappe. Une mesure qui s'accompagne du transfert des 1500 emplois. Dans le cadre notamment de la cession de l'entreprise Casella au groupe Alessa, dirigé par Carl-Gerhard Seifert, qui n'est autre que l'ancien responsable opérationnel de Clariant. Des mesures qui devraient permettre d'économiser en tout 150 millions de francs, dont 50 millions déjà pris en compte en 2000.

Le patron de Clariant prévoit en outre de désinvestir «plusieurs affaires d'importance («namhaft»). Chez Pictet, Philippe Rohner, analyste, évoque comme possibilité la cession des tensio-actifs (chimie fonctionnelle) ou celle des produits intermédiaires (sciences de la vie). Deux précisions ont en outre été apportées par Rolf W. Schweizer sur le profil de son successeur à tête du conseil d'administration. Il s'agira d'un «Non Executive President», soit un président non opérationnel et il devra suivre de près le secteur des finances. Enfin, Rolf Schweizer entend proposer deux nouveaux membres au conseil d'administration. Au cours de l'exercice 2000, le bénéfice net de Clariant a reculé de 14% à 505 millions de francs. Un recul dû en grande partie aux charges liées à l'acquisition du spécialiste britannique de chimie fine BTP, qui a fait de Clariant l'un des leaders des molécules pour les sciences de la vie. Mais la marge de rentabilité opérationnelle du groupe bâlois a elle aussi reculé en 2000, pour s'établir à 9,5% (contre 11,5% en 1999), sous l'impact de la hausse des prix des matières premières.

Une hausse qui a fortement pénalisé la division des celluloses. Enfin, déjà connu, le chiffre d'affaires du groupe a augmenté l'an dernier de 16% à 10,58 milliards de francs. Un bond qui s'explique pour 9% par les acquisitions et pour 4% par l'évolution des changes. Si Clariant a fait état mardi d'un «faible» début d'année 2001 – d'où la chute de 3,2% à 511 francs essuyée par l'action Clariant mardi – le groupe bâlois n'en table pas mois sur une nette amélioration du bénéfice net cette année. Une amélioration portée par une rentabilité opérationnelle elle aussi en hausse. Reinhard Handte, le président de la direction du groupe, table en effet sur une stabilité ou une légère hausse des cours des matières premières cette année.