Sabena bat de l'aile une nouvelle fois. La compagnie d'aviation belge, filiale à 49,5% du groupe Swissair, a enregistré une perte nette de 14 millions d'euros pendant l'exercice 1999, alors qu'elle avait montré un bénéfice de 22 millions d'euros en 1998. La hausse du prix du kérosène et la pression de la concurrence ont plombé les résultats de l'année passée, a annoncé mercredi la direction du groupe.

Le résultat opérationnel de Sabena a fortement chuté (-84%) pour se fixer à 15 millions d'euros. Par contraste, celui-ci était de 94 millions d'euros l'année passée. En revanche, le chiffre d'affaires a augmenté de 3,5% à 2,23 milliards d'euros. Cette progression est étroitement liée à l'évolution du nombre de sièges vendus. En effet, pour la première fois de son histoire, Sabena a dépassé les 10 millions de passagers transportés, ce qui montre une croissance de 13,9% par rapport à 1998. Ce résultat montre aussi que la compagnie ne perd rien de sa compétitivité étant donné que cette performance est plus de deux fois plus important que la moyenne des autres compagnies européenne (+6%). Le problème est que les effets de la croissance du trafic-passagers ont été étouffé par de lourds investissements qui comprennent l'achat de 23 nouveaux Airbus sur deux ans. A cela s'ajoute une concurrence féroce sur les routes aériennes transatlantiques ce qui a pour conséquence d'augmenter la surcapacité des vols entre l'Europe et les Etats-Unis. C'est une des raisons évoquées pour justifier la baisse du taux de remplissage (load factor) de ses avions. En vendant en moyenne 65,6% de tous ses sièges disponibles, Sabena fait moins bien qu'en 1998 (67,5%). Il est à noter que le développement des activités industrielles des différentes unités opérationnelles du groupe ont également permis d'accroître les ventes de billets.

Voilà pourquoi les efforts en 2000 porteront tout particulièrement sur la compression des coûts plutôt que sur l'augmentation de la capacité ou du nombre de vols. D'après Paul Reutlinger, président de Sabena, le programme de réduction des coûts touchera même les «vaches sacrées» selon ses propres mots, ce qui a pour conséquences que toutes les activités du groupe, même les plus rentables, seront passées au peigne fin pour essayer de dégager des économies.

Eléments exceptionnels

La compagnie aérienne basée à Bruxelles a réalisé un bénéfice net de 6 millions d'euros avant éléments exceptionnels. La réorganisation de la nouvelle structure et le fait que la société satisfait pour la première fois aux standards de la comptabilité international (IAS) font que ce poste prend toujours plus d'importance. Celle-ci a par exemple intégré une plus-value de 38 millions d'euros grâce à la vente dans le courant de l'année 1999 des titres d'Equant spécialisée dans les services de télécommunications aux grandes entreprises.

Mais à ce flux financier s'en est opposé un autre: Sabena a provisionné 20 millions d'euros pour la mise en commun de ses activités commerciales et marketing avec Swissair. Cette opération appelée «Airline Management Partnership» (AMP) est une des principales mesures de restructuration du transporteur belge. Mais cette alliance ne concerne ni le partage de la flotte aérienne, ni la réallocation du personnel de cabine entre les deux partenaires.

Autre éléments important, les résultats présentent de grandes disparités selon les entités du groupe aéronautique. La filiale Sobelair a «subi la pression d'une forte concurrence dans le domaine du charter, des annulations en rapport avec le passage à l'an 2000, la guerre au Kosovo, la situation en Turquie et l'abolition de la vente des produits hors-taxes au sein de l'UE», a expliqué la direction dans son communiqué. En revanche, les services de maintenance effectué par Sabena Technics ont augmenté. Il en va de même avec les résultats de Sabena Catering qui a préparé 5,5% de repas de plus qu'en 1998. n