Finance

Après une série de scandales, l'Australie ouvre une enquête sur ses banques 

Les quatre grandes banques australiennes sont impliquées dans des affaires de fraude présumée aux assurances vie ou aux prêts immobiliers

L’Australie a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête nationale indépendante sur le secteur de la finance après une série de scandales dans les grandes banques du pays, parmi les plus riches du monde.

Les quatre grandes banques australiennes, qui réalisent la plupart du temps des milliards de dollars de bénéfices, sont dans la ligne de mire des pouvoirs publics à la suite d’une série d’affaires de fraude présumée aux assurances vie ou aux prêts immobiliers.

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Elles sont soupçonnées d’avoir prodigué des conseils douteux à leurs clients. Elles sont aussi accusées de violations des lois sur le blanchiment d’argent et de manipulation des taux.

Pression de l’opinion publique

Le premier ministre, Malcolm Turnbull, ancien banquier d’affaires, a longtemps opposé une fin de non-recevoir aux appels de l’opposition travailliste à ouvrir une commission d’enquête royale sur le secteur bancaire. Mais face à la colère de l’opinion publique, il a dû changer son fusil d’épaule.

«Les spéculations, les campagnes visant à répandre la peur sur une enquête ou une commission royale sont la cause de perturbations et risquent de nuire à la réputation d’un système financier australien de très grande qualité», a-t-il déclaré.

«Le gouvernement a décidé d’ouvrir une commission royale pour nous assurer que notre système financier fonctionne efficacement.»

Un budget de 75 millions

Les banques avaient aussi freiné des quatre fers, mais dans une lettre au ministre des Finances, Scott Morrison, avant l’annonce dupremier ministre, les patrons de l’ANZ, du Commonwealth, de la NAB et de Westpac ont déclaré qu’une telle enquête était dans l’intérêt national.

«Nos banques ont constamment fait valoir qu’enquêter davantage sur le secteur, y compris au moyen d’une commission royale, était injustifié», écrivent-ils. «Toutefois, il est désormais dans l’intérêt national de mettre un terme à l’incertitude politique.»

La commission d’enquête, dotée d’un budget de 75 millions de dollars australiens (57 millions de francs) se penchera sur les dysfonctionnements dans la banque, l’assurance, les services financiers et les fonds de pension. Elle se demandera aussi si les régulateurs disposent de suffisamment de moyens pour lutter contre les malversations.

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