Commerce du vin

Après les ventes privées, le vin réveille les appétits entrepreneuriaux de l’Arc lémanique

Bourse aux crus, abonnement, carte de réduction chez les vignerons, plusieurs concepts novateurs voient le jour. Les entrepreneurs qui se lancent dans cet univers sont conscients de la compétition qui y règne

Après les ventes privées, le vin continue d’éveiller les papilles entrepreneuriales sur l’Arc lémanique, où plusieurs concepts se développent.

Tout d’abord, Bruno Guenning (53 ans) et Frédéric Chenevard (31 ans) ont mis sur pied une Bourse aux crus et lancé Buyandsellwine.ch (B&S Wine) au début de l’été. «Il y a beaucoup de collectionneurs privés en Suisse et nous voulions leur offrir une plateforme fiable et flexible pour échanger leurs vins», explique le second. Leur site est donc destiné à des bouteilles haut de gamme (dès 50 francs la bouteille, la plus chère actuellement en ligne, une Romanée Conti 1976, atteint 7900 francs) et la jeune pousse s’octroie 10% du prix de vente.

Le concept est répandu en Grande-Bretagne, avec des sites de courtage comme Berry Bross Exchange. «Il y a là-bas une forte culture de l’investissement qui conduit naturellement à ce type d’échanges. Nous, nous souhaitons que les belles bouteilles puissent être bues à leur apogée. Nous espérons ainsi permettre aux amateurs de grands vins de boire les trésors cachés ou oubliés par d’autres», poursuit Frédéric Chenevard.

Des trésors à la cave

Pour cela, avec son compère, ils sillonnent les plus grandes caves du pays – des privés qui ont parfois un million de francs en valeur dans leur sous-sol – pour trouver des collectionneurs (des spéculateurs, diront les mauvaises langues) qui souhaitent se séparer de ou acquérir des flacons prestigieux. B&S s’occupe notamment de l’expertise afin de proposer des prix adaptés au marché sur sa plateforme. La société est déjà à l’équilibre financier mais souhaite continuer à croître pour devenir la référence en Suisse en ce qui concerne l’achat et la vente de grands vins auprès des particuliers. «Nous ne sommes que des intermédiaires, et, malgré nos investissements, notre risque financier est limité», précise le dirigeant de B&S. La logistique représente toutefois un défi pour cette jeune société basée à Carouge: les crus restent stockés chez leur propriétaire tant qu’ils n’ont pas été achetés mais, ensuite, il faut les acheminer en toute sécurité.

Le deuxième projet émane de Julien Beauverd et concerne davantage le consommateur lamb­da. En effet, en s’inspirant du principe du Passeport gourmand, le Vaudois lancera la carte Vin­cœurs.ch le 1er décembre. Valable treize mois, elle permettra d’obtenir un rabais de 25% chez une quinzaine de vignerons de Genève, Vaud et Valais lors du premier achat au domaine. «Nous connaissons tous les problèmes de la viticulture en Suisse: franc fort, importations massives et réduction de la consommation locale. C’est une manière d’envoyer le consommateur chez eux. Ensuite, c’est au vigneron de le fidéliser», souligne Julien Beauverd. Mille cartes, au prix unitaire de 80 francs, seront mises en vente début novembre. L’entrepreneur s’est inspiré du concept Bodypass.ch, un passeport romand pour les soins et l’esthétique fondé par un ami.

Le jeune homme continuera par la suite à développer le nombre de vignerons afin d’arriver à une quarantaine à terme. «Un bon nombre pour pouvoir maintenir la qualité», conclut-il.

Enfin, les abonnements sont apparus en juillet à Genève avec Wiine.me, dont l’offre démarre à deux bouteilles par mois (pour 39 francs). Le site a un objectif initial de 600 clients et sera disponible en langue allemande à la fin de cette semaine.

Profil œnologique

Vinoabo.com veut aller plus loin. «Nous organisons des dégustations (première le 26 septembre) pour que chacun puisse établir son profil œnologique. C’est lorsqu’il connaîtra ses goûts que nous pourrons mieux l’accompagner», expliquent les cofondateurs du concept lausannois, Basile Glauser et Jonas Wiesel. Bien que conscients de la compétition qui existe dans le vin, ils entendent finaliser leur concept pour vendre leurs coffrets avant la fin de l’année.

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