Opinion

Après vingt ans d’errements, l’euro peut-il survivre?

OPINION. La monnaie commune devait rassembler les Européens, elle les divise de plus en plus. Pour pérenniser l’euro, c’est aujourd’hui à l’Allemagne, seul grand pays ne pouvant pas être accusé d’un conflit d’intérêts, qu’il incombe de prendre l’initiative, affirme Pierre Pâris, président de la direction générale de la Banque Pâris Bertrand

En 1999, Milton Friedman prédisait que l’euro ne survivrait pas. Le Prix Nobel aura été néanmoins contredit par les faits, même si l’euro est en mode de survie après des années d’errements.

L’Europe souffre de divergences marquées entre les pays dits «vertueux» qui ont su se réformer et mettre en ordre leurs économies et ceux dits «non vertueux» dont les progrès depuis la crise de 2008-2009 sont restés marginaux. On citera pour les premiers: l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande et l’Autriche, qui ont réduit leurs endettements et leurs déficits budgétaires. Dans le camp des seconds, on retrouve les pays d’Europe du Sud, France en tête. Il est permis de douter de la capacité de ces pays à réduire leurs structures de coûts avant le ralentissement économique à venir.