L'esprit peace and love et musique pop des années hippies s'apprête à souffler de nouveau dans le sud de l'Angleterre. Les 7 et 8 juin, le comté du Hertfordshire accueillera un festival qui se veut aussi débridé et mémorable que celui qui enflamma Woodstock dans l'Etat de New York à la fin des sixties. A une nuance de taille près toutefois. Plutôt que des jeunes gens aux «cheveux longs et idées courtes», amateurs d'amours libres et de substances euphorisantes, ce festival rassemblera une tribu de 4000 individus passionnés par... les hedge funds.

Gestionnaires, banquiers, investisseurs convergeront depuis les cinq continents vers ce village communautaire, où les tentes le disputeront aux bons vieux bus VW. Rien à voir donc avec ces banales conférences en costume trois pièces qui abondent aux quatre coins de la planète. «J'espère que la tenue des participants sera aussi hippie que possible», indique Simon Ruddick, le directeur de Albourne Partners, société de conseil en investissement en hedge funds à l'origine de la manifestation.

Sponsorisées par les plus grandes banques internationales, dont Credit Suisse et UBS, les festivités répondront à deux mots d'ordre: «Travaillons dur et amusons-nous intensément.» Côté travail, Hedgestock a concocté un programme de conférences embrassant les préoccupations les plus actuelles de l'industrie - les fonds activistes, les générateurs d'alpha etc. - animées par une centaine d'intervenants. En marge, plus de 3000 rencontres se dérouleront en tête-à-tête entre investisseurs et gestionnaires de hedge funds. Placées sous le signe de la décontraction, elles n'en sont pas moins déjà «pré-organisées» pour en garantir l'efficacité. Côté distractions, les participants pourront s'affronter dans des tournois de polo, de cricket et disputer des parties de poker. Ils auront surtout le bonheur enivrant de se déchaîner, comme au bon vieux temps de Woodstock, devant The Who, sur scène mercredi soir. «Le groupe de rock jouera gracieusement», précise Simon Ruddick. Car, et cela n'est pas la moindre des originalités de Hedgestock, dans un univers qui n'a d'autre maître que l'argent (Make money not war est l'un des slogans du festival), tous les bénéfices seront redistribués à TCT. Cette organisation caritative britannique travaille à l'amélioration des conditions de traitement des adolescents cancéreux.

«Unir la communauté des hedge funds autour de cette cause était notre première motivation», explique Simon Ruddick. «Si les participants jugent en plus que la manifestation leur aura permis de «réseauter» efficacement, alors, le succès sera total», poursuit-il, en esquissant déjà l'idée de reconduire Hedgestock à l'avenir.