ACIER

Arcelor serait enfin tenté de dire oui à Mittal Steel

Le groupe européen pourrait prendre une décision ce dimanche. L'autre prétendant, le russe Severstal, met en garde contre une russophobie.

Mittal Steel, le numéro un mondial de l'acier, et le russe SeversStal, les deux candidats à un mariage avec Arcelor, se battent par pages entières de publicité dans la grande presse internationale. Dans le Financial Times de ce vendredi, les deux tentent de séduire les actionnaires d'Arcelor en se présentant comme un partenaire plus fiable que l'autre.

Théoriquement, Arcelor doit se prononcer sur une fusion avec la société russe lors d'une assemblée générale le 30 juin. Mais un groupe d'actionnaires minoritaires a demandé à la justice d'annuler cette réunion, prétextant que les informations nécessaires n'a pas encore circulé.

Mais tandis que cette guerre se déroule au grand jour, des négociations entre les représentants de Mittal et d'Arcelor se multiplient. Résultat: après cinq mois d'une âpre bataille, le géant européen de l'acier s'oriente finalement vers un mariage avec son premier prétendant, en raison notamment des difficultés qu'il éprouve à faire accepter le russe Severstal. «Nous sommes en discussions avancées qui pourraient déboucher ou non sur une offre d'achat recommandée par la direction d'Arcelor», a indiqué un porte-parole de Mittal. Celle-ci se réunit ce dimanche à Luxembourg.

Il n'y a pas que l'opposition des petits actionnaires qui a influencé la direction d'Arcelor. Mittal Steel semble disposé à faire d'importantes concessions pour réaliser le mariage. «Mittal accepterait que le nouveau conseil ait une majorité d'administrateurs venant d'Arcelor», a expliqué une source proche du dossier.

Reste un point d'achoppement: le prix. Arcelor veut obtenir autour de 44 euros par action contre 36 euros actuellement proposés, ce qui valoriserait l'offre à plus de 28 milliards d'euros, contre 23 milliards actuellement.

Devant la tournure des événements, Severstal ne veut pas rester les bras croisés. «Je ne voudrais pas voir dans cette situation de signes de russophobie envers une économie russe renforcée, capable de sortir sur le marché d'autres pays», a déclaré vendredi le ministre russe de l'Industrie, Viktor Khristenko.

La télévision russe a montré le jeune milliardaire Alexeï Mordachov, PDG et principal propriétaire de Severstal, recevant jeudi une cinquantaine d'actionnaires à Tcherepovets, le fief de son groupe, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Moscou, pour tenter de les séduire avant la décision d'Arcelor attendue dimanche. Dans son opération de charme par le biais de Financial Times, l'oligarche russe présente Severstal comme l'une des compagnies les plus rentables et appelle les méfiants à croire en sa «pleine capacité à créer de la valeur pour tous les actionnaires».

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