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Fenêtre AeraTwin
© Ghislaine Bloch

Innovation

AreaTwin, le mécanisme qui aère «intelligemment» les bâtiments

Le produit de la start-up vaudoise diminue les émissions de CO2, tout en favorisant l’évacuation de polluants intérieurs

A la veille d’une votation sur l’avenir énergétique de la Suisse, la start-up vaudoise AreaTwin propose une solution pour diminuer les émissions de CO2 des habitations. Bernadette Willemin, architecte et cofondatrice d’AreaTwin, a démarré la commercialisation d’un produit mécatronique permettant une gestion automatisée des ouvertures et des fermetures des fenêtres. Celles-ci doivent en effet être régulièrement ouvertes pour des questions de santé publique, en évitant toutefois de générer de trop fortes pertes énergétiques.

«Pour pérenniser une habitation, il faut aérer afin d’évacuer l’humidité, qui favorise les moisissures ainsi que les polluants intérieurs qui peuvent nuire à la santé, à l’exemple du gaz carbonique, des poussières ou même du radon. L’air de nos intérieurs contient de nombreux polluants, parfois cinq à dix fois plus que l’air extérieur», explique Bernadette Willemin, qui préconise, en se référant notamment à l’Office fédéral de la santé publique, d’ouvrir en grand quelques fenêtres pendant 5 à 10 minutes entre quatre et six fois par 24 heures. Pourtant, dans les faits, les fenêtres restent constamment entrebâillées ou demeurent closes la plupart du temps.

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Une dizaine d’emplois en vue

A l’inverse, une aération abusive génère une déperdition d’énergie importante. En Suisse, les bâtiments sont responsables d’un tiers des émissions de CO2 et de 40% de la consommation énergétique. «Par sa production de chaleur, le parc immobilier est le deuxième plus gros pollueur après l’industrie», souligne Bernadette Willemin, qui vend ses produits via des professionnels (fenêtriers, domoticiens, ingénieurs en physique des bâtiments).

AreaTwin, une start-up de cinq collaborateurs basée à Yverdon-les-Bains (VD) et qui prévoit d’engager encore dix personnes ces prochains mois, commercialise une poignée électronique qui remplace la poignée standard. Parallèlement, un boîtier, placé sur le cadre supérieur de la fenêtre, contient une carte électronique qui commande la poignée.

Le système, breveté, peut être programmé à distance ou être relié à des capteurs mesurant le CO2, l’humidité et la température de la pièce. Il peut être commandé par application smartphone, tablette, télécommande ou interrupteur. Son prix: 1400 francs, installation comprise. «D’autres systèmes existent mais le nôtre a l’avantage d’être miniaturisé», souligne Bernadette Willemin, qui espère atteindre le seuil de rentabilité en 2018. «Des établissements scolaires en France et des bureaux en Suisse ont déjà passé commande. Nous avons une forte sollicitation pour les rafraîchissements nocturnes, également dans le cadre de bâtiments équipés d’un système de climatisation ou de ventilation mécanique.»

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«Basé sur un calcul certifié par un organe indépendant et sur un taux de pénétration de 1% du marché potentiel total, notre système contribuera à économiser sur trois ans 49 755 tonnes de CO2 en Suisse et 2 786 560 tonnes en Europe», affirme Bernadette Willemin, qui précise qu’une tonne de CO2 représente environ 375,6 litres de mazout, 5,8 tonnes de pellets ou 467,5 kWh.

Assainissement énergétique

En 2010, la Confédération et les cantons ont lancé le «Programme bâtiment» pour diminuer de manière significative la consommation énergétique et les émissions de CO2 du parc immobilier suisse. «Les professionnels impliqués dans les projets de rénovation du parc immobilier doivent intégrer le risque radon et la qualité de l’air intérieur en amont du projet. L’amélioration de l’isolation et de l’étanchéité à l’air du bâtiment par souci d’économie d’énergie ne doit pas se faire aux dépens de la santé des habitants», apprend-on dans le projet de recherche Mesqualair, soutenu financièrement par le Pôle scientifique et technologique du canton de Fribourg. 

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