Vingt-cinq ministres des Finances, les douze de la zone euro rejoints ensuite par l'ensemble de leurs collègues européens, tentaient dimanche de boucler la réforme du Pacte de stabilité et de croissance qu'ils doivent présenter demain mardi aux chefs d'Etat et de gouvernement lors du Sommet de Bruxelles. Les tractations se déroulaient à huis clos, et la présidence luxembourgeoise excluait alors, même en cas d'issue favorable des discussions, de détailler publiquement les résultats des efforts des grands argentiers.

Un certain optimisme régnait en début de soirée car, de sources diplomatiques multiples, on indiquait qu'une des questions les plus épineuses – la prise en compte des coûts de la réunification allemande – dans les critères menant à l'indulgence budgétaire (lors d'un dépassement des 3% de déficits publics par rapport au PIB) était en voie de résolution. Une mention plus générale de «l'unification de l'Europe», ajoutée au texte sur lequel travaillaient les ministres, étant considérée comme porteuse d'un «gros potentiel» de source allemande.

Nombreuses revendications

Le texte proposé par les Luxembourgeois, qui servait de base de travail aux grands argentiers, semblait pourtant déjà taillé sur mesure pour plaire à Berlin et pour satisfaire les demandes de Paris, les deux capitales les plus empressées à réclamer de la souplesse. On pouvait y lire que toute une série de facteurs seraient pris en considération en cas de déficit excessif, y compris des facteurs «qui, dans l'opinion de l'Etat membre concerné, sont pertinents», offrant ainsi carrément aux Etats le soin de plaider eux-mêmes leur cause en cas de difficulté budgétaire. Certains de ces facteurs y étaient mentionnés: outre les dépenses de recherche et les efforts faits en faveur de la croissance, on y ajoutait le fait d'«encourager la solidarité internationale» et la «mise en œuvre des buts de politique européenne».

Pour les Français, qui voulaient qu'on considère l'aide au développement et les dépenses militaires, le tour semblait joué. Seule la réunification allemande n'y était pas explicite. D'autres revendications nationales y figuraient. Ainsi, pour emporter l'adhésion de Londres, les Etats récupéraient des marges de manœuvre supplémentaires, tandis que les nouveaux pays se voyaient amadoués par la promesse de la prise en compte des coûts des réformes de leur système de retraites, à l'heure de rejoindre l'euro.

Qu'ils soient ou non tombés d'accord dimanche soir, les ministres des Finances européens auront encore demain, en marge du sommet, l'occasion de peaufiner les détails de cette réforme du pacte.