Argentine – Le gouverneur de la Banque centrale démissionne

Cette démission intervient au lendemain d’un discours critique de la présidente de centre gauche Cristina Kirchner, au cours duquel elle s’était interrogée sur des fuites provenant de la BCRA. Mardi soir, la présidente argentine a dénoncé un complot contre son pays orchestré par des milieux d’affaires aux Etats-Unis et en Argentine.

M. Fabrega a tenu moins d’un an à ce poste très exposé, l’Argentine étant en délicatesse avec ses réserves de devises. Après avoir disposé de plus de 50 milliards de dollars en 2011, grâce aux exportations agricoles, la BCRA ne compte plus que 28 milliards de dollars alors que Buenos Aires est confronté aux fonds «vautours», un litige qui va l’obliger à puiser encore dans ses réserves.

M. Fabrega était aux manettes lors de la brusque dévaluation en janvier 2014, quand le peso s’est déprécié de 18% en deux jours face au dollar. Expert jouissant du respect des marchés, M. Fabrega est remplacé par un fidèle de Mme Kirchner, Alejandro Vanoli, jusqu’ici directeur de la Commission nationale des valeurs (CNV), le gendarme de la bourse argentine.

L’économie de l’Argentine est actuellement fragilisée par une inflation qui devrait dépasser 30% en 2014, une activité industrielle en baisse, le déclin des cours du soja et un contentieux sur la dette avec des fonds spéculatifs que Buenos Aires espère solder début 2015.

Outre les accusations habituelles en direction des fonds spéculatifs, la présidente argentine, dont le second mandat de quatre ans expire fin 2015, a accusé des milieux d’affaires argentins de tenter de déstabiliser son gouvernement en spéculant sur la monnaie. Le taux de change du dollar au marché noir a récemment flambé: le billet vert s’échange contre 8,5 pesos au taux officiel et atteint près de 16 pesos dans le circuit informel.