Le transport maritime est à l’aube de profondes mutations. A court terme, la croissance du commerce mondial a entraîné une pénurie de «boîtes» et de porte-conteneurs pour les transporter, mais aussi un engorgement sans précédent dans certains ports, notamment sur la côte Ouest des Etats-Unis, incapables d’absorber les biens manufacturés en provenance de Chine. Des goulets d’étranglement qui, pour de nombreux gestionnaires d’installations portuaires, ne disparaîtront pas avant le courant de l’année 2022 au plus tôt.

Mais, à moyen terme, le shipping doit relever un autre défi, redoutable: «verdir» une flotte mondiale de 60 000 navires encore très majoritairement propulsés au fioul. Ils sont responsables de 2,9% des émissions de gaz à effet de serre, un taux proche du transport aérien, et cette part risque d’augmenter fortement avec l’accroissement d’un trafic maritime assurant 80% du transport de marchandises. Question à plusieurs centaines de milliards de dollars: comment financer cette transition?