Pour le gestionnaire de fonds de placements immobiliers que je suis, il est encourageant de constater que la question posée donne sa place à l'immobilier dans l'allocation stratégique d'un investisseur institutionnel mais également privé. Le résultat d'une étude récente, menée par un spécialiste en gestion institutionnelle est tout à fait parlant.

Sur la période de 1985 (introduction de la LPP) à fin 2004, les indices LPP 40 (Pictet) et IPS 4 (Coninco) ont une performance annualisée identique de 7%. Ce résultat est obtenu hors immobilier et avec des différences d'allocation de ±10% sur les actions/obligations. Par contre, dès l'introduction de parts de fonds de placement immobilier La Foncière et en diminuant proportionnellement l'allocation obligataire, la performance annualisée augmente de plus de 2% par an, avec un impact limité sur la volatilité.

Comme le montre cette étude, l'introduction de l'immobilier dans la répartition des actifs a un effet «turbo» considérable dont les investisseurs auraient tort de se priver. Selon l'étude de spécialistes, la part immobilière d'un portefeuille devrait idéalement se situer entre 20 et 30%. Rappelons également que l'investissement indirect présente l'énorme avantage de reposer sur une gestion professionnelle tout en bénéficiant de la liquidité offerte par le marché boursier.

Quelles sont maintenant les perspectives de rendement de l'immobilier suisse? Pour les immeubles locatifs, la Suisse romande et plus particulièrement les villes présentent un marché très demandé aux perspectives stables. Dès lors, nous pensons que les niveaux de rendement vont rester inchangés tant que demeurera le niveau des taux d'intérêt actuels. L'augmentation de ces derniers entraînerait probablement un fléchissement des prix. Quant aux immeubles commerciaux, leur taux de vacance est suffisamment élevé pour ne pas encourager de nouvelles constructions. Leur rendement dépendra de la vigueur de la conjoncture de ces prochains mois.

En conclusion, je suis persuadé que l'investissement immobilier indirect est un «plus» pour tout investisseur institutionnel et même pour un investisseur privé. Même si le court terme peut être influencé par une modification du loyer de l'argent, les perspectives de rendement à long terme sont excellentes.