«C'est non sans fierté et avec grande satisfaction que je peux présenter aujourd'hui des résultats très réjouissants». Riet Cadonau, patron d'Ascom, avait le sourire, mercredi dans les locaux de la bourse suisse à Zurich, lors de la présentation des chiffres semestriels du groupe technologique.

Ascom, dont la holding s'est déplacée dans la banlieue zurichoise mais qui a maintenu son siège suisse à Berne, semble désormais tiré d'affaire. Le dernier plan de restructuration, dénommé Vitesse, mis en place au début d'une période d'affaiblissement économique, porte ses fruits.

Désendettée depuis près d'un an, l'entreprise qui propose des solutions de communication intégrée dans les hôpitaux, les usines, de même que des systèmes de transmissions aux forces armées et de police, a franchi une nouvelle étape en 2008. Riet Cadonau est parvenu, par une remise à plat des canaux et des stratégies de vente, à sensiblement augmenter la marge bénéficiaire. Cette dernière a doublé au premier semestre 2008, en passant à 6,7%.

Le bénéfice opérationnel (EBIT) du groupe bondit de 114%, à 16,7 millions. La division Security solutions (systèmes d'alarme et de test des systèmes téléphoniques) sort des chiffres rouges et dégage un bénéfice d'exploitation de 6,7 millions de francs.

«Ascom est sur le bon chemin. Le groupe affiche à la fois une croissance de ses ventes et de ses bénéfices», résume Riet Cadonau. La confiance retrouvée d'Ascom, dont 80% des affaires se situent sur des marchés de niches, se concrétise par le désir de nouvelles petites acquisitions dans le domaine des équipements pour le secteur de la santé et dans celui des appareils de tests techniques des systèmes de communication. L'une d'elles s'est concrétisée, dans ce dernier domaine, en mars par l'achat du groupe britannique Argo, fort de 200 clients et présent dans 70 pays.

Ascom dispose d'un cash-flow net de 201 millions. Son portefeuille de commandes, garantie de travail ces prochains mois, est en croissance de 19%, à plus de 300 millions, montant supérieur au chiffre d'affaires réalisé de janvier à juin 2008 (249 millions).

Téléphones à céder

Ascom n'est pourtant pas libéré de tout souci. Si trois unités d'affaires déficitaires dans le domaine de la sécurité des transports et des péages ont déjà trouvé preneur, après un amortissement comptable de 8,9 millions de francs au premier semestre, un secteur reste à vendre. Il s'agit de celui des téléphones à prépaiement. «Nous sommes en discussion et une cession sera vraisemblablement finalisée avant Noël», annonce le patron d'Ascom. Une perte comptable totale de quelque 20 millions de francs est attendue. A noter enfin que l'objectif d'une marge EBIT de 10% dès 2010 a été confirmé.