«Vitesse, Catapult, Boost»: Ascom utilise un vocabulaire international pour désigner ses nouveaux programmes de restructuration. «Notre objectif est de parvenir, en 2010, à une marge bénéficiaire (EBIT) de 10% et à une croissance annuelle moyenne de 5% du chiffre d'affaires», martèle Riet Cadonau, nouveau patron du groupe technologique, en fonction depuis moins de six mois. Pour y parvenir, Ascom, qui a, en cinq ans, sacrifié plus de 8000 emplois et réduit de 1,5 milliard son chiffre d'affaires annuel, emploie sa méthode habituelle: vendre les unités les moins rentables. Cette fois, c'est au tour des activités industrielles suisses et des installations de sécurité ferroviaire.

Ces unités déficitaires ont réalisé des ventes pour 67 millions de francs en 2006 et sont inscrites au bilan pour une valeur de 15 à 20 millions. Les secteurs des installations de péage et des appareils téléphoniques à prépaiement sont en outre toujours à céder au plus offrant. «Mon objectif est de concrétiser ces opérations en 2008», explique Riet Cadonau. Un programme de restructuration de 60 millions de francs, dont 45 à charge de l'exercice comptable 2007, a été décidé. Il entraînera la perte de 155 emplois, dont la moitié en Suisse. Parmi les 80 emplois touchés ici, la moitié seront convertis en retraites anticipées. Ascom compte aussi sur le renouvellement naturel du personnel pour limiter à 20 le nombre de licenciements.

Usine à vendre

A court terme, le petit village de Hombrechtikon, sur la rive nord du lac de Zurich près de Rapperswil, sera touché. Ascom va vendre la dernière usine qu'il possède en Suisse. Le site occupe 200 personnes, dont la moitié affectées à la production d'appareils de télécommunications.

L'exercice 2007 bouclera par une perte nette «substantielle», que l'on peut estimer à plusieurs dizaines de millions de francs, sur la base d'un chiffre d'affaires de moins de 500 millions. Pourtant, Riet Cadonau reste optimiste. «Il y a une grande différence par rapport aux anciens programmes de restructuration. Le groupe n'est plus endetté et peut donc, le cas échéant, procéder à des acquisitions intelligentes.» Le cours du titre a plongé hier en début de séance avant de terminer en hausse de 2,88%.