Qui dit voitures autonomes dit Google et Tesla. Mais dans l’ombre des deux sociétés américaines, plusieurs groupes asiatiques tentent aussi de percer sur ce marché en devenir. Cette semaine, coup sur coup, le sud-coréen Samsung et le chinois Baidu ont dévoilé une partie de leurs ambitions, le second ayant fait circuler une BMW sans conducteur. Google, qui a fait rouler ses véhicules sur plus de 1,6 million de kilomètres, conserve une avance qui pourrait se réduire.

Avant tout connu comme le moteur de recherche numéro un en Chine, Baidu a levé le voile sur de récents essais effectués dans la périphérie de Pékin, sur de grands axes de circulation. La société a fait rouler, sur une distance limitée de 30 kilomètres et jusqu’à une vitesse de 100 km/h, une BMW Série 3 Gran Turismo dotée de plusieurs caméras et radars. «La voiture a exécuté avec succès des manœuvres de conduite dont les virages à droite et à gauche, les demi-tours, la décélération quand un véhicule est repéré devant, le changement de voie, le dépassement d’autres voitures», a affirmé Baidu dans un communiqué. La société chinoise en est donc à ses tout débuts et son expérience est sans comparaison avec celle de Google.

Transfert de Google

Les objectifs de Baidu? A priori, il ne deviendra pas constructeur automobile, mais voudra insérer sa technologie dans des véhicules fabriqués par des partenaires. La société veut combiner son expertise en intelligence artificielle avec son service de cartes en trois dimensions, avec des technologies qui seront employées dans des voitures, mais aussi des bus. En 2014, Baidu avait réussi à débaucher Andrew Ng, qui avait aidé Google à effectuer ses premiers pas dans l’intelligence artificielle. Le chercheur de Stanford a rejoint le centre de Sunnyvale (Californie) de Baidu et a été directement impliqué dans les premiers tests de la voiture autonome.

Interrogé par le Wall Street Journal, un responsable de Baidu affirmait vendredi que le groupe voulait étendre sa flotte et était actuellement en discussion avec des constructeurs chinois et étrangers de voitures. La société vise aussi les transports publics et ce n’est pas la seule firme chinoise à cibler ce marché. Le fabricant de bus Zhengzhou Yutong Bus affirmait en septembre que son bus autonome avait parcouru 33 kilomètres sur un grand axe routier, changeant seul de pistes, dépassant d’autres véhicules et obéissant aux feux de circulation. En Suisse, la société BestMile a récemment testé des navettes autonomes équipées de ses logiciels sur le campus de l’EPFL.

Chinois intéressés

De son côté, le groupe sud-coréen Samsung a annoncé cette semaine la création d’une division dédiée à la conception et à la fabrication de composants pour l’automobile. Le premier objectif de cette entité sera de créer des systèmes multimédia pour les véhicules, sur le modèle de ce que proposent déjà Google et Apple à certains fabricants. A terme, Samsung voudra proposer à l’industrie automobile des composants pour les véhicules autonomes.

Selon le Boston Consulting Group, les voitures autonomes pourraient créer un marché d’une valeur de 42 milliards de dollars d’ici 2025, avec les premiers véhicules circulant dès 2017. En 2035, la Chine devrait être le premier marché. Aujourd’hui, tous les fabricants intègrent des systèmes de conduite semi-autonome dans leurs véhicules, que ce soit pour la conduite ou pour le parcage. En 2014, une étude de Nielsen indiquait que les consommateurs chinois étaient davantage intéressés par des voitures autonomes que les Allemands ou les Américains.