Fin de partie «globale» pour Fortis. Recapitalisée en urgence la semaine dernière à hauteur de 11,2 milliards d'euros par les gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois, la banque qui se voyait déjà jouer les premiers rôles européens et mondiaux est définitivement retombée de son piédestal ce week-end.

Le premier acte est intervenu vendredi soir. Peu désireux de tenir à bout de bras un établissement en mal chronique de liquidités, le premier ministre hollandais Jan-Peter Balkenende - qui avait auparavant accepté d'injecter 4,5 milliards d'Euros dans le cadre du sauvetage tripartite - a demandé et obtenu son démantèlement.

Le nouveau montage financier, confirmé après deux jours de négociations, voit les Pays-Bas racheter pour 16,8 milliards les activités néerlandaises de Fortis. Ce qui revient à ramener dans le giron national le gros des actifs d'ABN Amro, la deuxième banque néerlandaise rachetée l'an dernier par Fortis pour 24 milliards d'euros. Le gouvernement hollandais a conjointement promis une garantie des dépôts de cet établissement de 45000 salariés, qui occupe 40% du marché domestique de financement des PME.

La deuxième manche continuait hier soir de se jouer entre les gouvernements belge et luxembourgeois, confrontés à d'importants mouvements de capitaux autour de la banque. L'idée le plus souvent évoquée est une acquisition de 51% des parts de Fortis par l'Etat belge, et une cession des 49% restants à un partenaire destiné ultérieurement à devenir majoritaire.

Le nom le plus souvent cité pour un rachat est celui de BNP Paribas qui avait, le 28 septembre proposé de racheter Fortis à 2,65 euros l'action (cotée à 5,42 vendredi soir). La Société Générale est aussi évoquée. Ce démantèlement met fin à l'aventure européenne de Fortis, amorcée en 1993 après la fusion de deux banques belges, la CGER et la Générale de Banque. L'établissement reste pour l'heure coté aux bourses de Bruxelles et d'Amsterdam. En cas d'échec des pourparlers, sa nationalisation par la Belgique n'était pas exclue.