Sondage

Assurances: 40% des agences générales pourraient disparaître

Un ciel presque sans nuages. Les trois quarts des assureurs ne croient pas que les robots et algorithmes remplaceront les conseillers, selon un sondage sur le climat de la branche réalisé par Schweizer Versicherung, auprès de 1500 professionnels

Les assureurs sont très satisfaits de leur métier (93% plutôt ou très d’accord avec cette affirmation). Idem de leur employeur (86%). Ils sont «équitablement rémunérés pour leurs prestations» (52% plutôt et 29% entièrement d’accord). Et ils espèrent «exercer ce travail encore longtemps (89%), selon un sondage réalisé et publié par le magazine Schweizer Versicherung.

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Au total, près de 1500 professionnels de l’assurance des quatre régions linguistiques ont participé à ce sondage en ligne, en collaboration avec les quatre principales associations professionnelles: l’ASDA, la FSAGA, le FPVS (Finanz Planer Verband Schweiz) et le SVVIA (Schweizerischer Verband der Versicherungsvermittler und – Agenten) et d’autres acteurs de la branche.

Toute la branche s’est modifiée

Le ciel est serein, mais «avec la numérisation, toute la branche s’est modifiée» (91%). Le rythme du changement ne fait pas l’unanimité. A terme, ils ne se sentent pas trop menacés par l’automatisation. Une petite minorité (24%) prévoit que des robots et des algorithmes remplaceront peu à peu les conseillers.

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L’innovation est ralentie par la réglementation de l’assurance (54% plutôt d’accord et 20% entièrement d’accord). D’ailleurs, cette dernière affecte la satisfaction au travail (42% et 18%). La seule chose qui modère leur satisfaction professionnelle est la réglementation croissante. «Avec sa fureur réglementaire, la Finma exagère lentement mais sûrement», accuse un sondé, sous le couvert de l’anonymat. «Il est fâcheux que les banques et les assurances soient traitées de manière différenciée par la Finma. Les uns se mettent dans le pétrin, les autres paient l’addition. Manifestement, le lobby des assurances est encore trop faible», tempête un autre.

Excès de réglementation

Reto Spring, président de la FPVS, évoque lui aussi la hausse de la réglementation et les inconvénients qu’elle engendre pour la planification financière: «Le temps passé à dresser le procès-verbal des entretiens avec les clients et à satisfaire aux prescriptions de conformité a énormément augmenté ces dix dernières années. Au bout du compte, c’est le consommateur qui paie les frais supplémentaires, ce qui explique que le FPVS considère d’un œil critique une réglementation accrue.»

L’avenir de la gestion du risque se traduira par une profonde transformation de la distribution. Les 30% sont plutôt d’accord et 10% entièrement avec l’idée selon laquelle «les agences générales liées à un assureur sont un modèle en voie de disparition». A l’inverse, les courtiers assumeront un plus grand rôle (46% plutôt d’accord et 24% entièrement d’accord). Cela reflète à l’évidence le besoin croissant de conseil personnalisé. Mais peu d’assureurs (15% au total) craignent la concurrence des banques dans la distribution.

La transparence des coûts s’est accrue, constatent les sondés (82% plutôt ou entièrement d’accord). Et 56% (au total) pensent que cette dernière n’a pas réduit la fidélité des clients. Les assurés sont également majoritaires (62%) à croire que la rétribution du conseil continuera à faire l’objet d’un subventionnement croisé par la vente des produits.

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