L'industrie du risque est un havre fort agréable lorsque les éléments vous sont favorables. On le verra encore mercredi prochain à la présentation du résultat de la Vaudoise Assurances.

Vendredi, c'était au tour du groupe Generali Suisse de sortir les superlatifs. L'assureur passe la barre des 2 milliards de primes pour la première fois depuis qu'il a désinvesti l'assurance vie collective. Certes, son profil est un peu particulier sur le marché suisse de l'assurance puisqu'il est très fortement ancré dans l'assurance vie liée aux fonds de placement, où sa part de marché dépasse les 50%. C'est une chance pour lui car l'activité est en vogue, avec une hausse des primes de 9,7%.

Le secteur fait mieux que le SMI

Mais la très bonne qualité de son bénéfice 2006 ne le distingue pas des autres groupes. Les raisons qui expliquent l'augmentation de 21% du bénéfice net sont identiques à celles de ses confrères: l'absence de sinistres majeurs, les efforts de restructuration, la crise de 2002, la concentration sur les points forts et la hausse des marchés financiers.

D'ailleurs, les actions des huit membres de l'indice suisse des assurances ont le vent en poupe. La progression moyenne dépasse celle du SMI. Elle atteint près de 10% cette année, et 22% depuis 12 mois. L'assurance suisse - qui a perdu la Winterthur, happée par Henri de Castries, le très très actif patron d'Axa - vaut 114 milliards de francs. Presque la moitié du montant revient à Zurich Financial Services et le tiers à Swiss Re, le reste à des sociétés de taille moyenne que certains analystes qualifient de proies idéales pour les grands groupes européens ou même, au terme d'acrobatiques supputations, chinois.

Avec des taux combinés olympiques et des réserves abondantes, les assurances envoient des messages offensifs. Swiss Re a montré la voie. D'autres suivent. La Zurich fait des emplettes en Russie, y devient d'ailleurs le premier groupe étranger. Même les plus petites sociétés prendront davantage de risques. Helvetia veut créer un capital conditionnel en prévision d'acquisitions. Et tout le monde parle d'augmenter sa part de marché en Suisse. La rentabilité pourrait en souffrir si la nature se montre moins clémente et si la sinistralité augmente.

Mais les analystes financiers restent optimistes. Vontobel prévoit une rentabilité moyenne des fonds propres de 14,6% en 2007, sous l'impulsion des 16,6% de la Zurich. L'augmentation moyenne du bénéfice devrait fortement se calmer (+4% en 2007). Seuls Swiss Life (+11%), la Nationale (+38%) et Converium (+413%) devraient notablement augmenter leur bénéfice par action.