Sir Tom McKillop ne séjourne quasiment jamais en Suisse. L'Ecossais, patron d'AstraZeneca, quatrième entreprise pharmaceutique européenne, était pourtant sur les bords du lac de Zoug le 22 octobre. «J'accepte avec grand honneur le prix Galien Suisse récompensant les travaux de recherche sur l'Iressa», déclarait-il sous les applaudissements de plusieurs médecins et du rédacteur en chef de Medical Tribune (LT du 28.10.04).

L'Iressa est considéré – ou plutôt était considéré – comme une avancée majeure dans la lutte contre le cancer du poumon, maladie à faible taux de survie. Vendredi à Londres, Tom McKillop a annoncé qu'une étude clinique menée sur 1692 patients conclut que l'Iressa «n'est pas parvenu à prolonger la vie de façon significative comparé à un placebo». Le PDG n'exclut pas un abandon total du médicament, vendu dans 32 pays. La molécule, sans qu'on l'explique scientifiquement, fonctionne pourtant très bien sûr les patients asiatiques. Un milliard de dollars ont été investis dans l'Iressa, censé agir au cœur même des cellules en bloquant les signaux qui stimulent la croissance des tumeurs. Tom McKillop a pris une seule décision pour l'instant: nommer un nouveau directeur du développement pharmaceutique. Il n'a pas précisé s'il retournerait sa médaille aux donateurs du prix Galien.