Peu avant minuit mercredi soir, et alors que le président français et la chancelière allemande venaient d’achever leur conférence de presse, Georges Papandréou a pris quelques minutes pour répondre aux questions des journalistes. Selon le premier ministre grec: «Nous pouvons avoir un référendum le 4 décembre, je crois.»

Invité, convoqué disent certains, à la veille du G20 de Cannes, Georges Papandréou s’est expliqué sur le but du référendum qu’il a annoncé lundi soir à la surprise générale. «Ce ne sera pas juste un vote sur un programme (ndlr: celui négocié la semaine passée à Bruxelles pour éviter la faillite de son pays), mais [un vote pour savoir] si nous voulons rester dans la zone euro», a-t-il justifié, refusant toutefois de préciser l’énoncé de la question qui sera posée aux Grecs. «Il est crucial que nous montrions au monde que nous pouvons respecter nos engagements. […] Nous avons besoin d’un large consensus car le programme est difficile à mettre en œuvre», a-t-il dit en réponse à «l’appel solennel» lancé par Nicolas Sarkozy quelques minutes plus tôt. «J’attends une décision positive non seulement pour la Grèce mais pour l’Europe», a encore déclaré le chef du gouvernement grec, soulignant avoir confiance dans la «sagesse» de ses compatriotes.

Mi-décembre, la Grèce a besoin de plusieurs milliards d’euros pour éviter le défaut de paiement. Or hier, l’Europe et le Fonds monétaire international ont conditionné le déblocage de la sixième tranche d’aide, de 8 milliards, au résultat du vote. En cas de oui, et si le référendum se tient bien dans un mois, il serait techniquement possible d’éviter ce défaut. En cas de non, la Grèce devra donc se préparer au scénario inverse tant redouté pour les répliques qu’il pourrait déclencher dans le reste du monde. Cependant, la France et l’Allemagne ont annoncé hier être prêts à prendre ce risque.

D’ici là, Georges Papandréou va faire face dès ce vendredi à un vote de confiance au parlement grec, alors que sa majorité ne tient plus qu’à une ou deux voix. «Ce sera la première bataille», a-t-il conclu.