L’invité

Les atouts de la place financière suisse

Une banque étrangère fortement implantée au niveau local livre son point de vue

Les atouts de la place suisse

Les défis actuels permettent de repenser les services financiers

Le marché financier suisse, tout comme le secteur bancaire au niveau mondial, traverse actuellement de profondes transformations structurelles. Les institutions financières comme les investisseurs en quête de rendements satisfaisants sont soumis à de fortes pressions. Il leur faut notamment trouver des parades à des défis tels que les nouvelles règles fiscales internationales et la disparition du secret bancaire, le renforcement de la régulation et de la surveillance, l’importance accrue d’une gestion active du risque face à une conjoncture géopolitique fragile et, dans le même temps, un faible niveau de volatilité.

Ces défis et mutations permettent toutefois aux acteurs du marché de se repositionner et de repenser les services financiers afin de les améliorer. Ils offrent en outre une possibilité de poursuivre la diversification du secteur financier, ce qui pourrait renforcer sa stabilité. Cette diversification pourrait in fine voir le secteur de l’asset management gagner en importance.

Il n’est guère surprenant que le niveau moyen des fortunes gérées en Suisse soit parmi les plus élevés du monde. Entre 2000 et 2010, la richesse moyenne par habitant a plus que doublé, propulsant la Suisse au sommet des classements internationaux, place qu’elle occupe encore à ce jour. Avec une fortune moyenne de 512 600 dollars par adulte en 2013, la Suisse a plus de 100 000 dollars d’avance sur son premier concurrent, l’Australie. Le secteur des services financiers suisse est donc depuis toujours à la pointe de la banque privée.

Dans le même temps, l’expertise de la Suisse en gestion d’actifs pourrait encore gagner à se développer et à renforcer son positionnement. Surtout quand on sait que, compte tenu de la force de ce secteur, l’essentiel de la fortune privée suisse est détenu sous forme d’actifs financiers (56%). Dans ces conditions, la gestion d’actifs peut contribuer à venir à bout de tout défi posé par l’environnement des investissements, de façon plus sûre et avec des rendements positifs, quelle que soit la phase du marché.

L’importance du secteur de la gestion d’actifs suscite une forte prise de conscience depuis quelques années. Cette tendance accompagne une augmentation constante des flux entrants sur le marché des fonds. En juin 2014, le volume des actifs sous gestion en Suisse a franchi le seuil des 800 milliards de francs, avec un influx net de 2,9 milliards, d’après Swiss Fund Data.

Les statistiques de la Swiss Funds & Asset Management Association (SFAMA) montrent que le segment obligataire a attiré les flux les plus élevés. Les fonds obligataires ont bénéficié à la fois de nouveaux investissements et de flux provenant de changements de classe d’actifs. Les investisseurs ont notamment favorisé les fonds obligataires des marchés émergents libellés en devises fortes ainsi que le «high yield» européen, les obligations convertibles et celles libellées en franc suisse.

En mars 2014, la Suisse comptait 6303 fonds agréés, soit 178 de plus qu’en 2013. Cette progression s’explique essentiellement par la hausse du nombre de fonds domiciliés à l’étranger et enregistrés en Suisse et s’inscrit dans la tendance générale de ces dernières années, qui voit augmenter l’activité des prestataires étrangers.

Au niveau mondial, les sociétés d’investissement peuvent contribuer à positionner la Suisse en tant que leader de la gestion d’actifs. Elles peuvent proposer une expertise spécifique et des canaux de distribution internationaux, mais aussi faciliter l’accès aux marchés étrangers afin de diversifier les portefeuilles. Cet aspect est particulièrement important en cette période où la volatilité, les taux d’intérêt et l’inflation sont à un niveau faible.

Afin de présenter la Suisse comme l’un des grands centres de la gestion d’actifs dans un secteur en pleine mutation au niveau mondial, tous les participants du marché doivent contribuer à intégrer fiabilité, qualité et transparence et développer des solutions innovantes et tournées vers l’avenir. Dans ce contexte, les fournisseurs basés à l’étranger peuvent apporter une valeur ajoutée aux investisseurs institutionnels et clients privés et contribuer à mettre en avant l’importance mondiale du marché financier suisse, aujourd’hui et demain.

Forte d’une longue histoire en tant que place financière, la Suisse s’est dotée d’une expertise inégalée en finance internationale et réglementation transfrontalière. Le pays dispose aussi de main-d’œuvre hautement qualifiée et compétitive pour répondre aux besoins d’une clientèle exigeante au niveau international. Il jouit en outre d’un cadre politique, juridique et monétaire stable et solide. La Suisse a de quoi défendre – et même renforcer – sa réputation de «refuge» au cœur de l’Europe pour les investisseurs du monde entier. Elle est en pole position pour les gérants de fortune nationaux ou basés à l’étranger: l’avenir nous dira si elle a su tirer parti de cette longueur d’avance.

* General Manager de Goldman Sachs Bank AG, filiale suisse du groupe Goldman Sachs

La Suisse a de quoi défendre – et même renforcer – sa réputation de «refuge» au cœur de l’Europe

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