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Landis & Gyr est réputé pour ses compteurs électriques.
© Gaetan Bally/Keystone

Bourse

En attendant Jaguar et Landis & Gyr, il n’y a jamais eu autant d’IPO depuis 2007

Le nombre d’entrées en bourse n’a jamais été aussi élevé depuis l’année qui a précédé la crise financière. La Chine se taille la part du lion, mais la Suisse peut se targuer d’avoir eu les première et troisième plus grandes IPO d’Europe. Les prochains candidats font saliver les investisseurs, de Jaguar à Landis & Gyr

L’introduction en bourse (IPO) de Landis & Gyr, dévoilée ce lundi, marque un nouveau tournant dans l’histoire mouvementée du spécialiste des compteurs électriques. L’IPO de ce géant zougois de 5919 employés est à mille lieues du monde des start-up. Son histoire peint un peu celle de l’industrie suisse.

Créée en 1896 par Adelrich Gyr et Richard Theiler, la société appartient à 60% au géant de l’électronique japonais Toshiba et à 40% à Innovation Network Corporation of Japan (INCJ), une société de participation aux mains de l’Etat japonais et de 26 grands groupes de l'archipel. Toshiba l’avait racheté pour 2,3 milliards de dollars en 2011.

A lire aussi: L’histoire de Landis & Gyr peint un peu celle de l’industrie suisse

L’industriel suisse a auparavant appartenu à Stephan Schmidheiny, Elektrowatt, Siemens et l’australien Bayard. Landis & Gyr a très tôt perçu le potentiel des compteurs électriques. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la société employait déjà 4150 collaborateurs, dont environ la moitié à Zoug. En 1970, leur nombre s’est même hissé à 14 000.

Leader des réseaux intelligents

Landis & Gyr est aujourd’hui le leader mondial des réseaux intelligents (smart grids), premier en Amérique du Nord et en Asie et deuxième en Europe. C’est aussi un centre de recherche industriel avec 1300 ingénieurs. Il dépense ainsi 9% de son chiffre d’affaires en recherche et développement. Pour Andreas Umbach, désigné comme futur président du groupe, «l’entreprise a réussi sa transformation de compteur électrique en leader des réseaux intelligents et de l’internet des objets».

Innovateur, le groupe l’a été depuis longtemps également au plan social puisqu’il a créé une caisse de pension sur base volontaire en 1923.

A lire aussi: Deux milliards pour Landis & Gyr

Dans le cadre de l’entrée en bourse, prévue au troisième trimestre, Toshiba et INCJ prévoient de placer l’ensemble de leurs titres en bourse. Les coordinateurs de la transaction sont les banques UBS et Morgan Stanley.

Au cours de son dernier exercice (2016/17), l’entreprise a certes présenté une hausse de 5,4% de son chiffre d’affaires, à 1,5 milliard de francs. Mais elle a aussi enregistré une perte nette de 62 millions de francs (13,5 millions l’année précédente).

Un premier semestre record

Les entreprises suisses figurent en bonne place dans le classement des IPO du premier semestre 2017. Galenica Santé a levé 1,9 milliard de dollars à la bourse suisse, ce qui place le groupe de logistique et de pharmacie bernois au premier rang européen. Idorsia, la biotech issue d’Actelion, se place au troisième rang européen, avec 1,1 milliard de dollars, indique EY dans une étude parue mercredi dernier.

Au plan mondial, le nombre d’introductions en bourse s’est accru de 70% à 772 et le volume d’émission de 90% à 83,4 milliards de dollars, selon EY. Les plus grandes IPO ont été l’œuvre de l’américain Snap (3,9 milliards de dollars), du groupe coréen de jeux en ligne Netmarble (2,3 milliards) et du courtier chinois Guotai Junan (2,2 milliards).

L’envol des entrées en bourse est souvent le signal d’une évaluation trop élevée des actions. En 2007, le nombre d’IPO avait atteint 948 au premier semestre. Pour Roger Müller, associé auprès d'EY, l’évolution positive des bourses et de la conjoncture ainsi que la réduction des risques politiques en Europe constituent des soutiens importants au marché des entrées en bourse. La confiance des consommateurs et la hausse des bénéfices contribuent aussi à la bonne tenue du marché.

Marché chinois en tête

C’est la Chine qui donne le ton avec 41% des IPO dans le monde, avec 317 entrées en bourse, soit un triplement des transactions par rapport à l’année précédente, et un volume d’émission de 25,4 milliards de dollars, selon EY. Ces taux de croissance contrastent avec la hausse enregistrée en Europe. Le nombre d’IPO s’y est accru de 8% à 122 et le volume d’émission de 5% à 17 milliards de dollars.

Le pipeline d’IPO est bien rempli. Les investisseurs attendent notamment le retour en bourse de Jaguar. Propriété de l’Indien Tata Motor, Jaguar avait été racheté 2,4 milliards de dollars à Ford en 2008. Entre-temps, le chiffre d’affaires a été multiplié par sept, selon l’agence Bloomberg. L’entrée en bourse de Jaguar pourrait se faire à Londres ou à New York. Toujours dans l’automobile, Aston Martin, le véhicule préféré de James Bond, pourrait aussi faire son IPO. En Chine, d’après l’agence Bloomberg, 500 entreprises seraient sur la liste d’attente.

En Suisse, le groupe de pharmacies en ligne Zur Rose entrera à la bourse SIX le 5 juillet. Auparavant, sur le marché de gré à gré, le titre a sextuplé en un an, selon le site cash.

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