Environ 500 personnes, cortège regroupant des ouvriers de Filtrona et des sympathisants des grévistes intermittents, ont défilé samedi à Lausanne. Les employés se battent depuis fin novembre pour sauver leur emploi. Ils ont suspendu vendredi leur grève pour donner une chance à une nouvelle négociation, sous l'œil bienveillant de l'Office cantonal de conciliation. Les autorités vaudoises avaient fait discrètement appel à Joseph Deiss, ministre de l'Economie, afin de les aider à trouver une porte de sortie. Le conseiller fédéral a rencontré, mardi dernier, une délégation syndicale, puis discuté avec le patron de Filtrona en Suisse, sans que cela conduise à un déblocage de la situation.

La manifestation lausannoise s'est déroulée dans une ambiance bon enfant. Les employés ont expliqué leur combat aux passants. «Nous sommes là parce que nous voulons garder notre travail», lance au mégaphone Alain, mécanicien et employé de Filtrona depuis trente-huit ans. Derrière lui, ses collègues chantent: «On a tout donné, nous voulons travailler.» Des femmes portent une banderole «Together for our jobs» (Unis pour nos emplois), message dans la langue de la maison mère, la multinationale Bunzl, qui détient le site de Crissier. D'autres brandissent: «Qui sème la misère récolte la colère», en référence aux semaines de grève.

Christian Levrat, conseiller national socialiste et président du syndicat de la communication, est venu apporter son soutien au combat des employés. «Vous vous battez contre un patronat qui met systématiquement l'intérêt des actionnaires avant celui des ouvriers», a-t-il dit.

Les employés de Filtrona ont suspendu vendredi leur mouvement de grève pour permettre le déroulement de négociations devant l'Office cantonal de conciliation. La grève est en principe considérée comme illicite dès que l'office est saisi. Les parties se rencontreront mardi pour négocier. Le personnel décidera le lendemain de la reprise ou non de la grève. La fermeture du site de Crissier entraînerait la suppression d'environ 150 emplois.