Swatch Group a accru son bénéfice net de 4,1% à 512 millions de francs en 2004. Bien que péjoré de 33 millions de francs par des effets de change négatifs, ce résultat accroît encore le cash-flow du groupe, qui a choisi d'en faire profiter doublement ses actionnaires. Afin de «restituer les liquidités non nécessaires à l'exploitation», le conseil d'administration proposera à l'assemblée générale le 18 mai prochain une augmentation du dividende à 1,75 franc (contre 1,45 l'année précédente) par action au porteur et à 0,35 franc (contre 0,29) par action nominative. Par ailleurs, le premier groupe horloger mondial a annoncé la reprise d'un programme de rachat d'actions pour un montant de l'ordre de 250 millions de francs.

Ces signes semblent démontrer que Swatch Group, bien que toujours à l'affût d'une acquisition, notamment dans le domaine de la joaillerie, ne voit pas d'opportunité dans l'immédiat. Ce qu'a confirmé hier au Temps Nick Hayek, président de la direction générale du groupe: «Nous restons intéressés à compléter notre portefeuille de marques, en particulier dans le domaine de la joaillerie, mais il n'y a à l'évidence rien d'intéressant aujourd'hui sur le marché. Ou alors à des coûts faramineux.»

L'année 2004 s'est soldée pour Swatch Group par un chiffre d'affaires en augmentation de 4,7% à 4,152 milliards de francs (contre un recul de 2,8% en 2003). Le secteur des montres terminées – qui représente les 76% du chiffre d'affaires du groupe – a connu des ventes en progression de 7,3% à 3,135 milliards de francs. A taux de change constants, la progression se serait chiffrée à 9,1%, soit un résultat proche de ceux enregistrés par les exportations horlogères suisses (+9,9% pour le secteur des montres terminées). Le résultat opérationnel du secteur s'est élevé à 555 millions (+7,6%), soit une marge opérationnelle de 17,7% du chiffre d'affaires. Une fois encore les segments les plus haut de gamme – ceux qui dégagent aussi le plus de marges – ont particulièrement bien performé. Ainsi le chiffre d'affaires du secteur «Montres de prestige» s'est envolé de 25%. Avec Omega, la plus importante contributrice aux bénéfices du groupe, le chiffre d'affaires du segment luxe du groupe suisse a progressé de 13%.

Dans le vaste éventail des marques en portefeuille, Nick Hayek se plaît à noter «l'incroyable comportement d'Omega en dépit de sa forte exposition au dollar», qui progresse sur de nombreux marchés. Outre la Chine, qui continue d'offrir d'excellentes perspectives à la première marque du groupe – qui y est déjà fort bien implantée –, Nick Hayek souligne notamment les progressions d'Omega en Suisse, en Espagne, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis ainsi que dans le secteur des duty free. Ces résultats sont la conséquence d'une stratégie visant à concentrer la distribution sur des partenaires de qualité (réduction jusqu'à un tiers des points de vente en Italie et en Allemagne) couplée à une augmentation du prix moyen. Nick Hayek précise par ailleurs qu'Omega enregistre en Chine l'un de ses plus hauts prix moyen.

Janvier très réjouissant

Le secteur «production de montres, de mouvements et de composants» a enregistré un résultat en hausse de 3,6% à 1,284 milliard de francs pour un résultat opérationnel de 50 millions (+51,5%). Les ventes aux marques du groupe progressaient de 14% à 770 millions pendant que celles à des tiers diminuaient de 8,5% à 514 millions.

A l'instar de l'ensemble de la branche, Swatch Group a démarré très fort l'année 2005, et il a enregistré des records absolus au cours des mois de janvier et février, lesquels «constituent les meilleurs mois pour cette période de l'année depuis la création du groupe».