La semaine dernière le taux de change euro/dollar a atteint une valeur proche de 1,1500, quasi son plus haut niveau en 2015. Un phénomène s’expliquant par le pessimisme entourant le dollar américain et lié aux anticipations du marché d’une première remontée des taux de la Réserve fédérale (Fed).

Les marchés attendent maintenant des signaux d’assouplissement de la part du président de la BCE Mario Draghi lors de la prochaine réunion de la BCE prévue ce jeudi. Des attentes qui pourraient rester vaines même s’il sera possible de glaner ça et là quelques précieux indices de ce que sera probablement la nouvelle politique d’assouplissement.

Dans un contexte marqué par un rythme de rachat de la BCE tel que tout nouvel assouplissement quantitatif à ce stade nécessiterait obligatoirement une augmentation des déficits fiscaux, nous devrions maintenant nous tourner vers les gouvernements européens pour les prochaines étapes politiques importantes

Le Premier ministre italien Matteo Renzi est le premier leader européen à en avoir pris note, demandant à Bruxelles de l’autoriser à réduire les rentrées fiscales de 35 milliards d’euros pour son budget de 2016. Toutes les conditions sont donc réunies pour que l’on assiste à une nouvelle épreuve de force politique au sein de l’Union européenne. Du côté de l’Europe, il ne s’agit plus de décider d’un nouvel assouplissement quantitatif; les gouvernements doivent vraiment réaliser l’impact d’un tel assouplissement, dans le cadre d’une stimulation de la demande grâce à des incitations fiscales. Il faut s’attendre à de nouveaux balbutiements tant au cœur de l’UE que chez ses voisins. Et un taux de change euro/dollar de l’ordre de 1,15, voire plus, ne fait qu’accentuer les tensions.

*Analyste et stratège en devises auprès de Saxo Bank