Aviation

Aucune date de retour annoncée pour le Boeing 737 MAX

Plus de six mois après l'immobilisation de l'appareil, la FAA continue minutieusement son inspection. La levée de l'interdiction de vol se fera pays par pays

Les autorités américains ont indiqué lundi qu'il n'y avait toujours pas de retour pour le Boeing 737 MAX, six mois son immobilisation au sol après deux accidents ayant fait 346 morts. Steve Dickson, le nouveau patron de l'agence fédérale de l'aviation civile (FAA), a déclaré que «la FAA continue à suivre un processus minutieux, et non un calendrier imposé, pour remettre en service l'appareil».

«Notre priorité est la sécurité, et (par conséquent) nous n'avons pas arrêté de calendrier pour savoir quand notre inspection sera terminée», a insisté le responsable dans un discours, transmis à l'Agence France Presse (AFP), lors d'une réunion à huis clos à Montréal. Steve Dickson a en outre indiqué que la levée de l'interdiction de vol se fera pays par pays, semblant ainsi prendre acte des divergences existant entre les autorités de l'aviation civile mondiales.

Dennis Muilenburg, le PDG de Boeing, va sans doute être interpellé sur cette question lors d'une intervention prévue au Club économique de New York le 2 octobre. Un porte-parole du groupe américain, interrogé par l'AFP pour savoir si cette incertitude remettait en cause l'espoir du groupe de voir voler le MAX au «début du quatrième trimestre», a répondu: «Il n'y a rien de nouveau».

Un retour différé selon les pays

La FAA examine actuellement les changements apportés par Boeing au logiciel MCAS, le système anti-décrochage spécialement conçu pour le MAX et mis en cause, par des enquêtes préliminaires, dans les accidents d'Ethiopian Airlines du 10 mars dernier et de Lion Air du 29 octobre 2018. Elle attend encore de recevoir les modifications effectuées sur le système de contrôle de vol.

En attendant, Boeing a suspendu les livraisons du MAX et en a réduit la production de 20%, alors que les spéculations vont bon train. Des experts tablent sur un retour en service au printemps 2020, tandis que des compagnies aériennes, comme SouthWest et Air Canada, ont supprimé le MAX de leurs programmes de vol au moins jusqu'à début janvier prochain.

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La FAA a par ailleurs reconnu lundi que les dissensions avec les autres régulateurs, notamment les Européens et les Canadiens, n'allaient pas permettre au 737 MAX modifié de revenir dans le ciel mondial de manière simultanée. «Chaque gouvernement prendra sa propre décision sur le retour en service de l'appareil, fondée sur un examen approfondi sur sa sécurité», a déclaré le régulateur, dont la proximité avec Boeing est dénoncée de toutes parts depuis plusieurs mois.

Les Européens, via l'Agence de l'aviation civile européenne (AESA), jugent par exemple non satisfaisante la solution de Boeing à la défaillance éventuelle des sondes d'incidence («Angle of attack»- AOA) transmettant les informations au MCAS. Les Canadiens exigent une formation des pilotes sur simulateur, tandis que les Américains jugent suffisante une simple formation sur ordinateur ou iPad.

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Il est reproché à la FAA d'avoir été la dernière autorité à clouer l'avion au sol et d'avoir confié à Boeing l'homologation des systèmes importants du 737 MAX, dont le MCAS. Un panel de régulateurs internationaux, mis en place par la FAA, devrait par ailleurs remettre dans les prochaines semaines un rapport très critique sur les relations entre Boeing et l'autorité, selon une source proche du dossier.

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