A Paris, il est possible depuis plus de six mois de visiter la Cité internationale universitaire grâce à une paire d’écouteurs et à l’application Heritage Experience, téléchargée sur un iPhone. Pendant sa promenade entre les différents édifices, des extraits audio sont déclenchés selon sa position géographique. Cette application a été développée par la start-up genevoise Memoways.

Fondée il y a deux ans par Ulrich Fischer, réalisateur et technicien cinéma, et le développeur Nicolas Goy, Memoways propose une plateforme logicielle composée de services web dans le «cloud», d’un logiciel d’édition et d’applications mobiles. «La mémoire audiovisuelle du territoire que vous traversez remonte à la surface et vous entendez, via les oreillettes, les sons qui proviennent du lieu que vous visitez, explique Ulrich Fischer. La liberté de mouvement est totale. C’est le système qui s’adapte à vous.»

Outre un quartier de Paris, Memoways propose son service à certaines villes comme Bruxelles, Montréal ou Bagnols-sur-Cèze, dans le sud de la France. Genève et Renens vont suivre dès 2014. «A Genève, nous développons un projet, subventionné par la ville et l’Etat, dans lequel l’utilisateur pourra se déplacer en ayant accès à du son et des images des années 1960, par exemple. Nous avons déjà développé un démonstrateur avec 5000 vidéos», précise Ulrich Fischer.

Université de Genève

Financée en partie par la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI), à raison de 300 000 francs, Memoways travaille avec le laboratoire TaM de l’Université de Genève pour développer un algorithme qui modélise le comportement des utilisateurs. «A travers ce projet de recherche intitulé «Move Your Story», nous souhaitons, grâce aux GPS, accéléromètre et boussole contenus dans le smartphone, qualifier le comportement dans le temps de son utilisateur. En fonction de sa localisation et de sa vitesse de déplacement, il est possible de connaître son positionnement et son mode de déplacement», explique Ulrich Fischer.

A cet effet, Memoways a participé à un concours des Transports publics genevois. Réalisée également en partenariat avec le laboratoire TaM, cette application mobile fournit automatiquement aux voyageurs du contenu multimédia ciblé en fonction de la ligne de bus utilisée.

La start-up genevoise s’adresse aussi bien aux producteurs de contenus dans le milieu du cinéma et aux collectivités publiques qu’aux musées et aux festivals. «Notre plateforme logicielle permettra à nos clients d’adapter leurs contenus pour des usages en situation de mobilité. Nous discutons avec des chaînes de télévision et quelques musées en vue de développer des audioguides qui s’adaptent aux déplacements du visiteur», précise le directeur de Memoways.

A terme, le réalisateur et homme d’affaires Ulrich Fischer souhaiterait que l’utilisateur puisse composer ses propres films simplement via une balade enregistrée à Paris, Genève, Renens et d’autres villes à venir. «Au fil du parcours, l’application compilerait ces contenus en fonction des déplacements et du comportement de l’utilisateur. Un film serait généré en temps réel, permettant une mise en récit du territoire.»

D’autres start-up romandes veulent également proposer des audioguides, via des smartphones. C’est le cas, par exemple de la société Inculture.ch, cofondée par Julien Goumaz et Antoine Meier. A l’occasion de la Triennale de l’Université de Lausanne, l’application Cultural Network d’Inculture.ch a été utilisée pour la première fois en conditions réelles. Le public a pu s’emparer de ce nouvel outil afin d’agrémenter sa visite en plein air de films vidéo, diaporama et autres informations sonores.