Technologie

Dès aujourd'hui, Apple Pay est disponible en Suisse 

Le service de paiement par iPhone et Apple Watch s’avère simple à utiliser. Mais plusieurs limitations existent, en termes d’appareils et de cartes de crédit compatibles. En face, la solution suisse Twint n’est pas encore prête

Depuis ce jeudi, 6h00 du matin, la Suisse est le septième pays dans lequel Apple Pay est disponible. Le service de paiement est ainsi lancé en première continentale pour les propriétaires helvétiques d’iPhone et d’Apple Watch. Apple Pay, qui permet de régler ses achats dans les magasins et au sein d’applications, avait d’abord été lancé en automne 2014 aux Etats-Unis, avant d’être étendu au Royaume-Uni, au Canada, en Australie, en Chine et à Singapour. Présenté jeudi à Zurich aux médias, le service, gratuit pour les utilisateurs, se veut simple à utiliser. Mais il possède encore plusieurs limites, tant en termes d’appareils que de cartes de crédit compatibles.

◼ A quoi sert 
Apple Pay?

D’abord à effectuer rapidement des achats dans des magasins physiques sans sortir ni cash, ni carte de crédit. Tout se passe via l’application Wallet, déjà installée sur tous les iPhone. Un numéro de compte unique et crypté, lié à sa carte de crédit, est enregistré dans une puce dédiée de l’iPhone. Ensuite, il suffit d’approcher son iPhone d’un terminal de paiement pour régler son achat: pas besoin d’ouvrir une application, le montant apparaît directement sur l’écran et l’utilisateur valide le paiement via son empreinte digitale. L’opération est encore plus simple avec l’Apple Watch, puisqu’il suffit d’orienter l’écran de la montre vers le terminal de paiement pour que l’opération réussisse.

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◼ Où est-il possible d’employer ce service?

Dans tous les magasins ayant des terminaux de paiement NFC, reconnaissables au logo avec quatre petites ondes. Ce sont les mêmes terminaux qui permettent déjà de régler, sans contact et sans code, avec sa carte de crédit, jusqu’à une limite de 40 francs. Des dizaines de milliers de ces terminaux existent en Suisse, que ce soit dans les kiosques, les petits commerces ou les grandes surfaces (Coop, Migros, etc.). Apple Pay peut aussi être utilisé au sein de certaines applications. D’ici à la fin de l’année, il sera compatible avec le navigateur Safari d’Apple, sur ordinateur. Apple ne fixe pas de limite maximale pour chaque transaction, ce sont les banques qui établissent des plafonds.

◼ Qui peut utiliser 
Apple Pay?

Il faut d’abord posséder un appareil d’Apple récent: iPhone 6, 6S, 6 Plus, 6S Plus, un iPad de dernière génération ou une Apple Watch. On estime qu’Apple détient environ 55% de parts sur le marché des smartphones en Suisse. Ensuite, il faut posséder une carte de crédit émise par les instituts suivants: Bonus Card, Cornèrcard et Swissbankers (cartes prépayées). Ni UBS, ni Viseca, ni les banques cantonales ne font donc partie de cette liste, excluant pour l’heure des millions de Suisses. «Nous avons démarré aux Etats-Unis avec cinq banques partenaires, elles sont aujourd’hui 2500. Il nous faut un peu de temps», répond un responsable d’Apple. Les cartes de débit (Maestro) pourraient aussi, à l’avenir, être compatibles. Il est a priori possible, pour les clients suisses, d’utiliser Apple Pay dans les autres pays où ce service a été lancé. Mais cela reste à vérifier. L’entreprise américaine affirme que des cartes de réduction pourront bientôt être employées dans son application, sans donner de date de lancement.

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◼ Qu’en est-il 
de la sécurité?

Si l’iPhone est perdu, le voleur ne peut effectuer aucun achat sans l’empreinte digitale du propriétaire. Quant à l’Apple Watch, elle ne fonctionne pas, si elle ne reconnaît pas le poignet de son propriétaire, sans code. La sécurité est donc a priori plus importante que celle des cartes de crédit, qui, une fois volées, peuvent être utilisées plusieurs fois, sans code, pour des achats jusqu’à 40 francs. De plus, il est possible de désactiver, à distance, son iPhone ou son Apple Watch. Apple affirme ne conserver aucune information sur les transactions.

◼ Quels sont 
les avantages d’Apple Pay?

Les premiers tests effectués jeudi à Zurich indiquent que le service fonctionne, tant avec la montre que le téléphone. Les terminaux de paiement communiquent rapidement avec ces deux appareils. La sécurité semble élevée. L’utilisateur peut vérifier, dans l’application dédiée, les détails des transactions. Apple Pay sera encore plus complet lorsqu’il sera utilisable sur ordinateur. Mais le service a plusieurs limites (appareils et banques, comme on l’a vu). Il est parfois plus rapide de passer en une seconde sa carte de crédit à côté du terminal de paiement. Et Apple Pay, contrairement à Twint, ne permet pas de s’envoyer de l’argent entre particuliers.

◼ Qu’en est-il de la concurrence sur iPhone?

Il existe plusieurs services de paiement concurrents, mais ils n’utilisent que la technologie sans fil Bluetooth, comme c’est le cas pour la solution Twint helvétique. Car Apple réserve sa puce NFC uniquement à son propre service, en mettant en avant l’argument de la sécurité. Cette limite a incité une association alémanique de défense des consommateurs à porter plainte auprès de la Commission de la concurrence, a-t-on appris mercredi.

◼ Où en est la solution suisse Twint?

C’est «dans le courant de l’automne 2016» – aucune précision supplémentaire n’est donnée – que doit être lancée la solution suisse de paiement par téléphone. Le service Twint, développé par PostFinance, doit en effet fusionner avec Paymit, dont le prestataire de services d’infrastructure financière SIX et UBS sont les principaux sponsors.

Depuis des mois, Twint et Paymit se faisaient face, la première solution étant plus complète, en permettant non seulement le transfert d’argent entre amis, mais aussi des achats notamment dans les magasins Coop et l’utilisation de coupons de réduction. Cet été, Credit Suisse, PostFinance, Raiffeisen, UBS, la Banque Cantonale de Zurich, SIX, Coop, Migros et Swisscom travaillent sur une solution unique, dont on ne sait pour l’heure qu’une chose: le nom, puisque la marque Twint supplantera celle de Paymit.

Au niveau mondial, la solution Android Pay de Google progresse. Après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ce service est disponible depuis quelques jours à Singapour. En parallèle, Samsung tente aussi d’étendre sa propre solution à plusieurs pays.

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