Informatique

Autodesk va quitter Neuchâtel

Plus de 200 emplois sont menacés chez le concepteur de logiciels de dessin assisté. Le groupe californien réduit la voilure sur le plan mondial

Autodesk va fermer son site de Neuchâtel. L’entreprise, présente dans les hauts de la ville depuis 1991 et qui y a installé son siège pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient (EMEA), a confirmé mercredi matin à Arcinfo le lancement d’une procédure de consultation avec les salariés. L’entreprise compte 232 employés.

Cette mesure s’inscrit dans un plan de restructuration global d’Autodesk, qui a à nouveau enregistré des pertes lors du dernier exercice. Mardi, le groupe originaire de San Rafael, en Californie, a annoncé son intention de supprimer 13% de ses effectifs sur le plan mondial, soit plus d’un millier de personnes.

Sites concurrents «plus adaptés»

Contacté par Le Temps, le service de presse du spécialiste des logiciels de conception par ordinateur, notamment pour l’architecture, évoque des «désinvestissements» et une réorientation stratégique. «Nous avons l’intention de fermer le bureau de Neuchâtel en partie parce que d’autres sites européens sont plus adaptés à l’évolution de nos besoins commerciaux.»

L’ensemble des fonctions opérationnelles, basées à Neuchâtel, seront dispersées dans plusieurs villes. «La plupart des fonctions commerciales, y compris la finance, les fonctions opérationnelles et la localisation, seront transférées vers d’autres bureaux d’Autodesk en Europe d’ici mi-2018, date à laquelle le bureau d’Autodesk Neuchâtel sera fermé», précise le groupe.

Selon son site internet, le groupe compte une quinzaine de sites dans la région EMEA. En Allemagne, en France, au Royaume-Uni et en Espagne, mais aussi en République tchèque, en Pologne, en Turquie ou aux Emirats arabes unis.

Pourquoi Neuchâtel est-il aussi directement touché par la restructuration? Pour l’instant, les réponses restent peu claires. Du côté des autorités, c’est l’incompréhension qui règne. Le ministre cantonal de l’Economie, Jean-Nat Karakash, se dit surpris de la manière de faire d’Autodesk, une entreprise avec laquelle «nous entretenons des rapports réguliers et qualitatifs».

«Proposer des alternatives»

Selon les informations d’Arcinfo, les employés neuchâtelois d’Autodesk ont été invités mercredi matin à une séance d’information. «Nous engageons une consultation avec nos employés à propos d’un plan social et de différentes mesures d’accompagnement, explique le service de presse d’Autodesk. Ces mesures varieraient selon les situations (relocalisation, rétention ou fin de contrat). Nous souhaitons mener cette procédure dans la dignité et le respect de tous les salariés. Même si notre intention de fermer le site de Neuchâtel peut être judicieuse pour notre activité, il n’est jamais facile de prendre des mesures entraînant des pertes d’emploi.»

Le Conseiller d’Etat va rencontrer la direction dans les prochains jours. Avec un objectif: «Profiter de la période de consultation pour proposer des alternatives à un départ pur et simple, en mettant en valeur les développements et les collaborations qui pourraient avoir lieu grâce au savoir-faire de la région. Cet environnement industriel et les compétences locales sont intéressants pour eux, j’en suis convaincu». Jean-Nat Karakash précise que de premières propositions avaient déjà été formulées, sans succès. «C’est le moment où jamais pour les remettre sur la table.»

En 2014: Autodesk réaffirme son attachement à Neuchâtel

Si ce départ devait se concrétiser, ce serait un coup dur pour le canton. «Autodesk, en tant que fournisseur de solutions à notre secteur industriel, apporte à la fois une contribution en termes de positionnement et de diversification des compétences», souligne le ministre.

Dans un communiqué diffusé mercredi après-midi, le Conseil d’Etat invite par ailleurs Autodesk à «mettre en œuvre, le cas échéant, un plan social de qualité». Celui-ci devrait inclure, selon le gouvernement, «les meilleures conditions de réaffectation dans l’entreprise ou dans d’autres entreprises du canton».

A Neuchâtel, cette annonce intervient seulement quelques mois après celle de Medtronic. En mai dernier, le groupe américain de medtech, dont le siège européen se trouve à Tolochenaz (VD), avait confirmé la fermeture du site de Medtronic Kyphon, situé à quelques dizaines de mètres seulement de celui d’Autodesk. Quelque 150 emplois vont être perdus d’ici à fin 2018.

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