Economie

Autrefois interdit au Japon, le travail temporaire se libéralise… sous contrôle

Comme les autres, le pays cherche des échappatoires à la crise de l'emploi.

Pour assurer la stabilité du marché du travail, le Japon a élaboré depuis la guerre toutes une série de mesures destinées à contrôler le mouvement de la masse laborieuse. Parmi ces mesures, le travail temporaire a été l'objet d'un contrôle draconien et sous prétexte d'une possible exploitation des travailleurs, les agences d'emploi temporaires interdites. Cette limitation visait également à mettre fin aux agissements de la mafia japonaise qui, en toute légalité, recrutait par ce biais. Seule l'Agence nationale pour l'emploi ou les universités étaient admises comme intermédiaires de l'embauche. Ces mesures, qui répondent à un article de la Constitution limitant les voies de recrutement ont été assouplies en 1986. Les agences privées d'emploi à temps partiel ont alors surgi, prises d'assaut par les jeunes. Mais ce n'est pas une véritable libéralisation: pour éviter les débordements, les limitations ont été déplacées et introduites par profession. Aujourd'hui, on assiste toutefois à un assouplissement de cette régulation. Le nombre des professions pouvant avoir recours aux temporaires par le biais des agences s'élargit. Cette flexibilité, qui répond aux désirs des entreprises qui se restructurent est destinée aussi à offrir une alternative au nombre croissant des jeunes chômeurs, évalué aujourd'hui à 7,2% pour les 15-24 ans et à 7% pour les 24-35 ans. Le travail temporaire pour les 15-19 ans était de 27,1% en 1990, il atteignait 45,3% l'an dernier. Pour les 20-24 ans il est passé de 13,7% à 20,6%. Au Japon, l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans. Le cursus universitaire normal est de 4 ans.

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