Les utilisateurs des bus publics de l’Etat du Maryland, aux Etats-Unis, viennent de faire une étrange découverte. La semaine passée, ils ont appris que leurs conversations étaient potentiellement écoutées et enregistrées depuis des années. Depuis 2012, pour être précis. C’est cette année-là que la Maryland Transport Administration (MTA) a décidé d’installer des micros dans 500 de ses 750 bus. Et ce sans jamais demander d’avis de droit et sans s’enquérir de la légalité de la méthode.

Si l’affaire a rejailli la semaine passée, c’est parce qu’un sénateur a tenté de faire passer une loi pour limiter la portée de ces enregistrements. Selon Robert A. Zirkin, la MTA effectue ainsi «de la surveillance de masse». Pour lui, «sans vouloir exagérer, c’est le problème de notre génération. Alors que la technologie progresse, il devient de plus en plus facile de porter atteinte aux libertés civiles des gens».

Du coup, le sénateur a proposé une loi imposant l’installation des micros à proximité du chauffeur de bus ou de train. Ce serait à lui de déclencher l’enregistrement, en cas d’événement extraordinaire ou d’agression. Mais ses contradicteurs affirment que placer des micros un peu partout dans le bus peut être gage de sécurité. Et que de toute façon, déplacer les micros risquerait de coûter cher. Comme quoi, le débat sur les caméras de surveillance n’était peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend.