Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La baisse vertigineuse des coûts  a contribué à l’émergence d’une génétique grand public aux multiples acteurs.
© Keystone/Gaetan Bally

innovation

Aux Etats-Unis, la génétique grand public poursuit son essor

Moins chère, plus accessible, la génétique sort des laboratoires et se fait une place dans les smartphones. Ce marché pourrait représenter 4,6 milliards de dollars d’ici à 2025. 

A la télévision américaine, difficile d’échapper à une publicité pour 23andMe. S’il y a un nom à retenir dans le marché de la génétique grand public, c’est celui-là. Pour 99 dollars, 23andMe promet d’analyser en six semaines l’ADN contenu dans la salive de ses clients. Les différents résultats sont ensuite disponibles en ligne. Grâce à ces derniers, 23andMe établit via une carte du monde de la provenance de l’ADN (par exemple, à 90% d’Europe du Nord, 10% d’Asie du Sud), un sujet qui intéresse beaucoup les Etats-Unis, pays d’immigration.

Le service n'est pas disponible en Suisse

Ce service, également disponible dans certains pays d’Europe (mais pas en Suisse) propose encore d’autres informations: quel patrimoine génétique commun avec l’homme de Néandertal ou encore le pourcentage de chances de consommer plus de caféine que la moyenne. Lancée en 2006, 23andMe appartient désormais à la catégorie des «licornes», ces entreprises privées de la tech valorisées au-delà du milliard de dollars.

Lire aussi: Mes données génétiques et moi

Pour Justin Petrone, journaliste spécialisé du site GenomeWeb, le succès de la société doit beaucoup à sa situation géographique. 23andMe, créé par Anne Wojcicki, l’ex-femme de Sergey Brin, l’un des fondateurs de Google, a son siège à Mountain View comme le géant de la Silicon Valley. «Ils ont pu attirer des talents de haut niveau venus des meilleures entreprises des technologies de l’information, des sciences de la vie ou de la biotech. Au tout début, ils organisaient des «salives parties» avec des célébrités. Cela a généré une énorme attention que des concurrents comme deCODE, en Islande, ou FTDNA, à Houston, ne peuvent pas espérer. Ils ont été pionniers dans le sens où ils ont rendu ces tests grand public», explique-t-il.

Invention de l’année

En 2008, Time Magazine a même désigné ce test ADN comme «invention de l’année». «Ce qui était une technologie plutôt obscure bien que hautement innovante est soudain devenu accessible à n’importe quel consommateur», ajoute Justin Petrone. Cette force a permis à 23andMe de résister à un gros coup dur. En plus de ses analyses généalogiques, l’entreprise se servait aussi de l’ADN pour déterminer le risque de maladies. En 2013, la FDA, l’agence américaine du médicament, a exigé qu’elle stoppe cette partie de son activité.

Et encore: L’acharnement médical préventif, effrayant prélude au profilage génétique

La décision du gendarme du médicament reflétait alors un sentiment plus général sur le secteur: un manque de légitimité scientifique. «La FDA détient la clé de tout», insiste pour Le Temps Rubik Angelo Barar, consultant chez Grand View Research. «Son approbation améliore la crédibilité de ces tests et renforce la confiance du public. Le manque de constance d’un test à l’autre est ce qui a retenu jusqu’ici le consommateur sceptique.»Le premier séquençage du génome humain a coûté près de 3 milliards de dollars en 2003. C’est la baisse des coûts (quelques centaines de dollars aujourd’hui) qui a contribué à l’émergence d’une génétique grand public aux multiples acteurs. La start-up Vinome assure par exemple pouvoir trouver le vin le plus adapté à l’ADN de ses clients.

Séquencer un génome ne suffit pas

Mais séquencer un génome ne suffit pas. «Toutes les données recueillies ne veulent pas dire grand-chose à moins d’être contextualisées, précise Heather Mack, spécialiste de la génétique grand public chez MobiHealthNews. On peut avoir le profil génétique de quelqu’un mais qu’en faire si on ignore le reste de son historique de santé ou celui de sa famille?»

23andMe semble avoir fait ses preuves: depuis avril, la FDA autorise finalement l’entreprise à pratiquer dix tests de santé. Un avantage face à l’autre leader du secteur, Ancestry.com (valorisé à 2,6 milliards selon Grand View Research), qui s’appuie sur sa puissance marketing et un million de génomes séquencés. Elle travaille d’ailleurs avec Calico, filiale de Google, pour comprendre comment certains gènes favorisent la longévité.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)