Les accréditations et contrôles de qualité suivent à peu près la pratique développée aux Etats-Unis depuis une cinquantaine d'années. Dans un paysage académique où les établissements privés sont majoritaires, le Département fédéral américain de l'éducation a encouragé le système des accréditations. Elles permettent de s'assurer que les écoles respectent des standards ou qu'elles offrent une flexibilité adéquate en termes de crédits d'études. Elles ont aussi des conséquences financières pour les institutions, car les investissements publics et privés sont parfois conditionnés à un label. Le Département estime enfin que de tels contrôles poussent à une «élévation continue des standards».

Le hic, c'est que ce système a priori libéral a accouché d'un étourdissant foisonnement de labels et d'organismes d'accréditation. L'Etat fédéral n'a en effet pas voulu opérer lui-même les contrôles, il les a délégués à trois grands types d'instances: les agences nationales, les agences régionales et les organismes spécialisés. Les régions du pays sont ainsi découpées. Des universités privées basées à l'étranger peuvent aussi y être affiliées. A Genève, la Webster University, qui compte environ 500 étudiants, se place ainsi sous la bénédiction de l'Association des collèges et écoles de la région Nord et Centre, à Chicago. A ces organisations généralistes s'ajoutent une bonne cinquantaine d'agences spécialisées. Les secteurs de l'économie, de la danse, de la diététique, de la thérapie par le massage ou de l'éducation chrétienne ont ainsi leur propres commissions, ce qui n'améliore pas la lisibilité du système, pourtant l'un des premiers objectifs.

A Berne, l'Organisme d'accréditation national, l'OAQ, ne reconnaît pas les démarches étrangères, mais il «peut, dans certains cas, prendre en considération les résultats de procédures d'accréditation menées par des agences étrangères», y indique-t-on.