Il y a le modèle en V. C’est le préféré des optimistes, de ces économistes qui voient l’actuelle chute brutale du PIB suivie d’un rattrapage immédiat à peine seront levées les restrictions liées à la crise sanitaire. D’autres s’attendent au contraire à ce que le creux se prolonge, en U, ou, dans le pire des cas, en L, avec une perte de prospérité sur le long terme. Certains osent même le W, en cas de nouveau pic pandémique.

A ce sujet:  Quel scénario pour la reprise économique?

Cette exploration de l’alphabet prouve bien à quel point la crise économique que nous vivons est sans précédent. Et met en évidence la difficulté de formuler des pronostics, tant les variables sont nombreuses: durée de la pandémie, modalités de sortie de confinement, résistance des partenaires commerciaux de la Suisse – petite économie ouverte dont la richesse dépend de ses exportations.

Les experts sont incontournables pour la compréhension des faits et leur mise en perspective historique. Mais les inconnues sont aujourd’hui si nombreuses qu’ils se trouvent bien empruntés au moment de formuler des scénarios de sortie de crise.

Lorsqu’on ne sait pas, il y a deux possibilités. On peut comparer avec le passé et essayer de s’en inspirer. Mais l’on peut aussi se préparer à tous les scénarios, peu importe la lettre de l’alphabet qu'ils formeront. Il faut donc se montrer le plus flexible possible. Et à ce petit jeu, les centaines de milliers de PME qui forment le tissu économique suisse ont déjà fait leurs preuves.

Notre série sur la résilience de l'économie suisse:

Il est rassurant de savoir qu’on peut leur faire confiance. Elles ont l’expérience des crises et des écueils a priori insurmontables. On pense à la crise de 2008 bien sûr, mais aussi à 2011 et 2015, lors des deux vagues monétaires qui ont vu le franc s’envoler. Elles ont économisé partout où elles le pouvaient. Mais elles ont aussi bifurqué, innové, diversifié leurs pays de vente. Et aujourd’hui, à l’image de Medela et de Felco, que nous avons interrogées en pleine paralysie économique, elles démontrent qu’elles ne sont pas à court d’idées pour surmonter cette situation pourtant inédite.

Ce sont elles, les PME, qui écriront la prochaine page de l’histoire économique suisse. Lors d’une prochaine crise, les experts du futur pourront alors se pencher sur ce qui a été accompli pendant cet étrange printemps 2020.