En décembre dernier, les Chambres fédérales sont tombées d'accord quant aux termes de la loi sur le marché de l'électricité. Celle-ci devrait entrer en vigueur dès juillet de cette année mais le référendum qui vient d'être lancé risque bien de repousser la date au 1er janvier 2002, dans le meilleur des cas. Selon les dispositions arrêtées, 30% du marché sera libéralisé dès l'ouverture des frontières. Cela signifie que les 110 entreprises dites éligibles, dont la consommation dépasse 20 gWh, pourront s'approvisionner où elles pensent obtenir les meilleures conditions. Quant aux fournisseurs helvétiques, ils auront également la possibilité, pour certains d'entre eux, de s'alimenter en énergie européenne pour une part de leur volume captif. Trois ans plus tard, 50% du marché sera ouvert, avec une libéralisation complète au bout de six ans. Ces mesures sont censées avoir des répercussions également sur les consommateurs et les PME car les distributeurs pourront rapidement acheter du courant moins cher pour couvrir une partie de leurs besoins.

Une chose est sûre toutefois, la déréglementation du secteur n'aura pas de répercussions majeures pour les clients éligibles qui ont déjà intégré les avantages de la concurrence. Quant aux petites entreprises, elles auront fort à faire pour défendre leurs intérêts face au puissant lobby des électriciens, précisément en train de fixer un droit de timbre sur le transport du courant apte à assurer leur «confort» financier. Car les dangers de la libéralisation sont bien réels. En Californie, où le marché est dérégulé depuis 1996, les distributeurs sont tous en état de faillite pour avoir vendu leurs sites de production au plus offrant.