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L'invité

Les avantages d'une reprise d’une société par son management

La succession d’entreprise est un sujet sensible et souvent confidentiel. Selon différentes statistiques, plus de la moitié des PME en Suisse devraient sérieusement penser à préparer leur succession dans les 10 ans à venir

La succession d’entreprise a fait couler beaucoup d’encre au cours de la dernière décennie. Sujet sensible et souvent confidentiel, elle fait l’objet de nombreux articles et séminaires d’information de professionnels du secteur. Selon différentes statistiques, plus de la moitié des PME en Suisse devraient sérieusement penser à préparer leur succession dans les 10 ans à venir.

Nous le voyons lors de transmission d’entreprises, il existe un lien émotionnel important avec l’entreprise, à laquelle le patron a généralement consacré une grande partie de sa vie professionnelle et, dans la majorité des cas, privée. Le destin de sa société fait ainsi partie de ses principales préoccupations lorsqu’il s’agit de parler succession; la maximisation du prix de vente devient une composante presque secondaire. Des objectifs tels que la pérennité de l’activité, le maintien des collaborateurs en place ou encore l’assurance d’une relation continue avec les clients et fournisseurs prennent tout autant d’importance dans le processus de transmission.

Parmi les diverses possibilités de remise de son entreprise, le propriétaire dirigeant a, en l’absence de descendants intéressés (et aptes) à la reprise, une option souvent peu – ou pas assez – explorée: la cession à un ou plusieurs membres de ses cadres. Typologie de transaction plus fréquente ces dernières années, conduite notamment par une situation économique induisant des valorisations «conservatrices» et un coût de la dette peu onéreux, le Management Buy Out (MBO) offre bien des avantages au cédant tout en assurant une pérennité de l’entreprise; pour autant que les cadres concernés disposent d’un esprit d’entrepreneur et soient prêts à en revêtir la casquette.

Compromis inévitables

La cession de la propriété de la société à son management s’exécute et se formalise de manière bien plus simple qu’avec une partie tierce: le vendeur et l’acheteur ont travaillé ensemble durant un certain nombre d’années au cours desquelles une relation de confiance s’est établie, et le management connaît la société sous toutes ses coutures, ses qualités comme ses défauts.

Pour mener à bien un MBO, il faut que toutes les parties impliquées manifestent une certaine disposition à s’accorder sur des compromis, tant avec les vendeurs qu’entre eux. Heureusement, plusieurs solutions existent afin de combler toutes les attentes. En termes de processus, hormis le prix de vente, toujours sujet à discussion mais souvent agréé sous la forme d’un prix «de convenance», les discussions quant à la situation financière de la société sont drastiquement simplifiées et la due diligence (ou audit d’acquisition) moins étendue, si ce n’est pour conforter la banque ou le partenaire financier intervenant dans l’opération.

La clé du financement

Dans la plupart des cas, le management n’a pas assez de fonds propres pour payer le prix de vente. Dès lors, l’intervention d’un financement externe s’avère décisive et plusieurs options se profilent: de l’entrée d’un investisseur tiers au prêt bancaire, en passant par des instruments hybrides telle que de la dette «mezzanine». A cela s’ajoute souvent un prêt concédé par le vendeur, qui accepte de se faire payer en différé une partie plus ou moins importante du prix de vente, comprise entre 5 et 30%.

Ce prêt vendeur représente un vrai gage de la confiance qu’a le vendeur envers sa société et ses repreneurs. Si l’opération de MBO est envisagée plusieurs années avant la succession, alors de nombreuses solutions s’offrent à eux.

Souvent peu explorée, la solution de la succession de l’entreprise à son management représente une opportunité formidable d’assurer la pérennité de son entreprise tout en permettant aux collaborateurs motivés et qui croient en l’avenir de l’entreprise de reprendre le flambeau. Ce processus de transmission est ainsi utilisé, notamment en Suisse romande, par un certain nombre de PME au modèle d’affaires florissant, et ce depuis plusieurs décennies.

En effet, dès l’instant où le financement de l’opération a été bien structuré, les différents risques liés à l’opération sont sécurisés et la fiscalité des parties concernées est pleinement optimisée, il ne s’agit «plus que» de passer le témoin et continuer à faire tourner la boutique puis, pourquoi pas, explorer de nouveaux horizons en termes de modèle d’affaires

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