Commerce

Pour Avenir Suisse, «aucun Suisse n’est un perdant de la globalisation»

La prospérité de la Suisse dépend directement de son ouverture au commerce, selon Avenir Suisse. Le laboratoire d'idées propose une politique des trois piliers pour le commerce extérieur 

70% du PIB suisse provient du commerce extérieur. «C’est un fait. Le bien-être de la Suisse dépend de l’ouverture du pays. Son augmentation passe donc par une intensification des échanges», déclare Peter Grünenfelder, directeur d’Avenir Suisse, lors d’une conférence de presse, mercredi à l’aéroport de Zurich. Le laboratoire d’idées présente une étude afin que la Suisse accorde la priorité aux échanges plutôt qu’au repli sur soi (Handel statt Heimatschutz, 80 p).

La Suisse est un pays très ouvert, «mais elle peut mieux faire», affirme Patrick Dümmler. Les Pays-Bas, l’Irlande et la Suède présentent, par rapport au PIB, une part d’exportations encore supérieure. En outre, elle n’occupe que le 5e rang à l’indice de globalisation de l’institut conjoncturel KOF, loin derrière les Pays-Bas et l’Irlande. Cet indice comprend une composante sociale (Suisse 3e), politique (10e) et économique (27e).

Libre circulation: un gain de 50 000 francs par habitant

La Suisse devrait, selon le laboratoire d’idées, adopter une stratégie du commerce extérieur comprenant trois piliers: d’abord la poursuite et l’approfondissement de la voie bilatérale avec l’UE, ensuite le développement des accords existants et la conclusion de nouveaux accords de libre-échange avec des pays hors de l’UE, et enfin l’ouverture du marché intérieur, en particulier des services et de l’agriculture.

«Aucun Suisse n’est, en termes absolus, un perdant de la globalisation», affirme Patrick Dümmler, auteur de l’étude. «Cependant, tout le monde n’en profite pas dans la même mesure. Il y a bel et bien des gagnants et des perdants en termes relatifs. Certains y gagnent davantage que d’autres», poursuit-il.

Seulement 27e à l’indice de globalisation économique

A l’indice d’intégration de l’université de Göttingen, «la Suisse est le 3e pays le plus européen d’Europe, derrière la Belgique et l’Irlande», constate Patrik Schellenbauer, chef économiste du laboratoire d’idées.

La Suisse dépend donc considérablement des bilatérales. Mais c’est nettement moins vrai pour l’UE. Celle-ci représente 62% de note commerce extérieur alors que la Suisse ne dépasse pas 2,7% du commerce extérieur de l’UE. La relation est donc asymétrique.

L’essentiel des bilatérales repose sur la libre circulation des personnes, selon Patrik Schellenbauer. Cette dernière contribue largement à la prospérité du pays. «Le dividende de la libre circulation des personnes s’élève à 50 000 francs par habitant depuis 2002. Sur 17 ans, il correspond à un salaire annuel supplémentaire par habitant», avance l’économiste. Cet accord n’est pas la cause de l’immigration élevée. Celle-ci doit être plutôt attribuée à la demande de main-d’œuvre qualifiée et la conjoncture.

«La perte des bilatérales représenterait un coût considérable» conclut-il. Les immigrants y gagnent, ainsi que les entreprises. Les consommateurs en profitent aussi en réduisant l’îlot de cherté à travers la hausse des importations et un choix supplémentaire de produits, selon le laboratoire d’idées. Mieux encore, les inégalités ne se sont pas accrues, ni le rapport entre le revenu du capital et du travail. La priorité du pays passe donc par les bilatérales et leur renforcement. «Même une ouverture unilatérale accroîtrait le bien-être», selon Peter Grünenfelder.

Avenir Suisse propose aussi d’engager des négociations en vue d’autres accords de libre-échange, lorsque le contexte politique l’autorisera. Les candidats possibles ont pour nom: les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, Taiwan, l’Australie, le Brésil et Taïwan.


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