Réforme

Avenir Suisse propose une redevance sur l’emploi d’étrangers

Le think tank publie, dans un ouvrage présenté mercredi à la presse, 44 idées de réformes pour renforcer le site économique suisse

«Ce n’est pas un livre blanc, mais des idées destinées à renforcer le site économique», a averti Gerhard Schwarz, directeur d’Avenir Suisse, mercredi lors d’une conférence de presse à Zurich. L’objectif est d’empêcher que la Suisse ne s’endorme sur des lauriers.de paresse Le think tank offre un bouquet de 44 propositions de réformes, au sein d’un ouvrage (324 pages, Ed. NZZ), dont une version raccourcie en français est disponible sur son site internet.

Face au défi de l’immigration et de ses effets sur les marchés du travail, des transports et de l’immobilier, le think tank tient à préserver la flexibilité du marché du travail. «Au moment où l’on discute de mesures d’accompagnement, les mérites de la flexibilité sont sous-estimés», selon Patrick Schellenbauer, économiste.

Il s’agit de permettre aux entreprises d’obtenir la main-d’œuvre qualifiée nécessaire et une formation des salaires décentralisée. Car une détérioration très sensible se lit dans les statistiques. Le seuil de chômage incompressible s’est sensiblement accru en Suisse, à environ 3%. La forte augmentation des conventions collectives renforce cette dégradation. Avenir Suisse propose une redevance volontaire pour l’emploi des étrangers. Il peut sembler étrange qu’un think tank libéral propose une forme de taxe, mais elle serait volontaire, selon Gerhard Schwarz. Elle se ferait sur le salaire brut de l’étranger, sa durée serait limitée et son produit serait défini par l’employeur (projet d’emplois pour seniors, ou redistribution au sein de la branche). Cette idée est préférable à l’alternative que serait un contingent, selon l’expert.

Le think tank observe par ailleurs un affaiblissement du principe de milice et une perte de crédibilité de l’armée. L’offre de bénévoles tend à diminuer.

Avenir Suisse répond à ce défi par la suppression de l’obligation du service militaire qu’il veut remplacer par une obligation générale de servir la communauté (également pour les femmes et les étrangers – hors armée).

Impôt sur la consommation

Critique de l’initiative Minder et de la démocratie actionnariale, Avenir Suisse s’attaque aussi au problème de gouvernance des sociétés cotées. Selon Marco Salvi, économiste, les espoirs portés sur le vote sur la rémunération sont exagérés. Le think tank propose de renforcer le lien entre actionnaire et société avec la création de ce qu’il nomme «une action cumulus». L’objectif serait de renforcer la loyauté de l’actionnaire. L’action cumulus donnerait droit à une prime de fidélité sous forme d’un droit de souscription ou d’un dividende accru.

Sur la fiscalité, le think tank propose de passer de l’impôt fédéral direct à un impôt progressif sur la consommation. Dans les transports, il envisage un «mobility pricing» pour le rail et la route.

Et sur la BNS, il ne veut plus de droit attitré ni de la Confédération ni des cantons aux parts de bénéfice de la BNS.

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