Aviation

Les avions Boeing 737 Max 8 peuvent toujours se poser en Suisse 

Après le crash d’un B737 Max 8 en Ethiopie, des pays et des compagnies aériennes ont décidé d’immobiliser leurs appareils. Ce modèle d’avion atterrit parfois sur les tarmacs suisses

C’est sa plus grande chute en bourse depuis les attentats du
11 septembre 2001. La perte de près de 13% en début de séance de l’action Boeing est une conséquence liée à la décision de plusieurs pays d’immobiliser leurs avions B737 Max 8, connus pour être l’une des meilleures ventes du constructeur américain. A quelques mois d’intervalle, deux crashs de ce modèle ont causé la mort de plus de 340 personnes.

Quelques heures après que l’avion du vol ET302 se fut écrasé à l’est d’Addis-Abeba ce dimanche, faisant 157 victimes, la compagnie Ethiopian Airlines a annoncé l’immobilisation de ses Boeing 737 Max. La Chine a déclaré la suspension de tous les vols de ce modèle jusqu’à ce que des mesures soient prises par les autorités américaines et Boeing «pour garantir avec efficacité la sécurité des vols», a souligné lundi le bureau chinois de l’aviation civil dans un communiqué.

L’Indonésie, qui a connu un drame similaire en octobre 2018 avec sa compagnie Lion Air causant la mort de 187 personnes, a également décidé de clouer au sol ces appareils. Royal air Maroc, qui avait annoncé en septembre dernier l’extension de ses vols à destination de Genève ce printemps, avec un Boeing 737 Max, a fait de même.

De longues enquêtes

C’est la deuxième fois que ce nouveau modèle d’avion est impliqué dans un drame. «Il s’agit du même modèle et les accidents se sont produits quelques minutes après le décollage, dans des circonstances plus ou moins analogues», affirme Ronan Hubert, historien en accidentologie aérienne. Le premier accident s’est produit de nuit, au-dessus de la mer de Java. Le deuxième a eu lieu de jour, par temps clair.

«L’équipage avait donc une meilleure visibilité, mais rien n’indique aujourd’hui que l’avion soit la cause de cet accident, rappelle-t-il. Il faut se pencher sur la formation des pilotes, l’entretien de l’appareil et analyser les deux boîtes noires retrouvées ce jour.» Des enquêtes qui prennent entre douze et vingt-quatre mois, voire plus. «L’épave peut parler, mais ici, c’est un petit peu plus complexe dans la mesure où le premier appareil est tombé en mer et le second est complètement désintégré», ajoute-t-il.

Lire aussi: La Chine et l’Indonésie interdisent à leurs compagnies de faire voler des Boeing 737 MAX 8

Plus de 10  000 modèles B737 ont déjà été construits et parmi eux 350 Max 8 sont en activité. Ce dernier modèle atterrit parfois sur les tarmacs suisses. C’est le cas à Zurich, où «deux compagnies utilisent ce modèle: Turkish Airlines, avec un vol le 8 janvier dernier, et LOT, avec deux vols début mars», observe le porte-parole de l’aéroport. A Bâle, des vols de B737 Max 8 ont eu lieu «de façon ponctuelle cet été, pour des vols charters de la compagnie Travel Service. Cet hiver, ce modèle faisait des vols réguliers de la compagnie Turkish Airlines», détaille l’aéroport.

Aucun vol planifié à Genève

A Genève, «aucun vol n’est planifié avec cet avion. Même s’il n’est pas exclu qu’il y ait un changement d’appareil de dernière minute», dit sa porte-parole. Pour l’Office fédéral de l’aviation civile: «Aucun avion de ce type n’est immatriculé en Suisse. Nous n’avons donc aucune influence sur une interdiction de vol pour ce modèle.»

Hormis avoir présenté ses condoléances, Boeing ne s’est toujours pas exprimé concernant cette affaire. Le constructeur américain, «s’il a une quelconque responsabilité, dépêchera sur place une équipe de techniciens et d’ingénieurs pour enquêter. Comme le veut l’annexe 13 de la convention de Chicago», conclut Ronan Hubert. L’action Boeing pourrait continuer de dévisser tant que l’incertitude durera.

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