La crise des marchés financiers a fortement érodé la valeur des avoirs des clients déposés dans les banques en Suisse en début d'année. Tout type de placements confondus, les dépôts de la clientèle auprès des banques helvétiques ou étrangères établies en Suisse représentaient 4731 milliards de francs à fin mars. Cela correspond à une baisse de 504 milliards ou de 9,6% par rapport aux 5235 milliards comptabilisés en fin d'année 2007. Comparé au record de 5420 milliards réalisé en octobre, le recul s'établit même à 12,7%.

A noter que les dépôts aux mains de clients étrangers (-10,9% à 2738 milliards de francs) diminuent davantage que ceux appartenant à des titulaires suisses (-7,8% à 1994 milliards).

Les statistiques de la Banque nationale suisse (BNS) ne détaillent pas quelle est la part des avoirs déposés dans des établissements helvétiques ou étrangers. Une part importante de ces dépôts incombe certainement aux établissements étrangers, qui représentent 45% de l'ensemble des banques établies en Suisse. Il n'est pas non plus précisé si ces baisses de valeur sont dues à la performance des marchés ou à des retraits de fonds des clients.

Par classes d'actifs, les actions paient le plus lourd tribut aux turbulences des marchés. La valeur totale des titres de cette catégorie d'actifs a diminué de 13,4% à 1641 milliards entre janvier et mars. Les fonds de placement s'inscrivent en repli de 10,6% à 1510 milliards, tandis que la baisse se limite à 4,7% à 1164 milliards du côté des obligations.

Produits structurés en baisse

En forte expansion en 2005 et 2006, les produits structurés sont sur la défensive: la valeur de ces instruments recule à 308 milliards à fin mars (-7,8%). Ce sont surtout les clients suisses qui se détournent des produits structurés: leur valeur en dépôt n'atteint plus que 74 milliards à fin mars, contre 92 milliards en octobre. Le repli est moins marqué pour les produits structurés détenus par des clients étrangers (234 milliards à fin mars, contre 267 milliards en octobre). Les placements sur les marchés monétaires augmentent, eux, à 105 milliards à fin mars (94 milliards à fin 2007).

Quelles seront les conséquences de cette détérioration sur les résultats bancaires cette année? «Compte tenu des rendements décevants obtenus par les clients depuis le début de l'année dans la plupart des classes d'actifs, du report vers les placements en cash et d'une activité d'investissement plus faible, un impact négatif sur les revenus et les commissions des banques est à attendre», commente Landsbanki Kepler à propos des dernières statistiques de la BNS.