Assurances

AXA Winterthur a vu son bénéfice net semestriel reculer

AXA Winterthur a vu son bénéfice net diminuer de 29,6% sur un an au premier semestre, à 371 millions de francs. La filiale suisse du géant français de l'assurance Axa, numéro du secteur en Europe derrière l'allemand Allianz, relève avoir évolué dans «un contexte tendu»

Le volume d'affaires total d'AXA Winterthur a reculé de 0,5% à 8,7 milliards de francs, a indiqué mercredi l'assureur basé à Winterthour (ZH). La croissance s'est révélée plus vive dans les affaires vie collective (+2,8% à 5,03 milliards) que dans les assurances-dommages et accidents (+0,8% à 3,04 milliards).

Dans les affaires vie collective, la hausse s'explique par la progression des primes uniques dans la prévoyance professionnelle. Les nouvelles affaires se sont accrues de 7,9% par rapport aux six premiers mois de l'an dernier à 173 millions de francs.

Satisfaction de mise

La baisse du volume d'affaires s'explique en fait par la chute de 28,3% des primes brutes dans les affaires de vie individuelle à 461 millions de francs. AXA Winterthur mentionne des conditions de marché difficile en guise d'explications. Les nouvelles affaires ont diminué de 30,5% à 50 millions.

A l'échelon opérationnel, le résultat global présente une contraction de 1,5% en comparaison annuelle à 445 millions de francs. Avec une légère baisse de 0,1 point de pourcentage, à 85,5%, le ratio combiné s'est maintenu à un niveau presque stable.

«En dépit d'un contexte de marché tendu, AXA Winterthur a réalisé de bons résultats dans son cœur de métier au premier semestre 2016», a commenté Antimo Perretta, directeur général de l'assureur zurichois, cité dans le communiqué.

«Les nouvelles affaires ont affiché une croissance particulièrement réjouissante dans les assurances véhicules automobiles et inventaire du ménage, ainsi que dans la prévoyance professionnelle», a précisé l'Italo-Suisse, en poste depuis début 2014. Dans ces catégories, les nouvelles conclusions nettes ont augmenté de 37,6% à 18 909 contrats.

Groupe en croissance

Au niveau du groupe, Axa a dégagé au premier semestre un bénéfice net en croissance de 4% sur un an à 3,21 milliards d'euros (3,44 milliards de francs). Le montant apparaît inférieur aux attentes des analystes, selon un consensus consulté par l'afp.

Le résultat opérationnel, qui reflète la performance du groupe sur sa seule activité, ressort stable à 3,1 milliards d'euros. Il a subi la hausse des dommages dus aux intempéries survenues en France et en Allemagne en mai et juin, qui ont eu un impact de 100 millions.

«Si on n'avait pas eu ces catastrophes naturelles, ce résultat aurait été positif et non pas stable», a précisé Gérald Harlin, le directeur financier, mercredi lors d'une conférence téléphonique.

Conséquence, le ratio combiné (indemnisation des sinistres et frais généraux rapportés aux primes perçues) de l'assureur se détériore de 0,9 point de pourcentage par rapport à l'an dernier, à 96%. Un ratio inférieur à 100% témoigne du fait qu'un assureur est bénéficiaire grâce à sa performance technique.

Le groupe a par ailleurs réalisé pour 626 millions d'euros de gains exceptionnels provenant essentiellement de la vente de deux immeubles à New York. Axa a encore confirmé les objectifs financiers qu'il s'est assignés dans le cadre du plan stratégique qui sera mené par la nouvelle équipe dirigeante emmenée par Thomas Buberl.

Nouvelle tête

Ce dernier succédera début septembre à Henri de Castries à la tête de la direction générale. A l'horizon 2020, l'assureur hexagonal compte faire croître son résultat opérationnel par action de 3% à 7% en moyenne chaque année et réaliser 2,1 milliards d'euros d'économies supplémentaires.

Gérald Harlin a souligné que ce plan stratégique était «adapté à l'environnement actuel» marqué par des taux d'intérêt historiquement bas et une forte volatilité sur les marchés financiers.

Le chiffre d'affaires a reculé de 1% à 54 milliards d'euros en données publiées, demeurant stable à données comparables. Il reflète le fléchissement de l'activité vie, épargne retraite de 2%, à 31 milliards, notamment sur les marchés matures, néanmoins compensé par une hausse des ventes sur le segment dommages (+2% à 18,6 milliards).

Publicité