Le Temps: Vous venez de réviser vos prévisions de croissance pour 2005 de 2% à 1,5%. S'agit-il vraiment d'une baisse légère comme vous le dites dans le communiqué?

Aymo Brunetti: C'est une baisse légère de croissance si on compare avec la croissance de 2004; mais la révision de la prévision n'est pas légère. Mais même avec cette révision nous restons sortis de trois ans de stagnation. Nous sommes entrés dans une période de croissance.

– Qu'est-ce qui explique le revirement soudain du Seco?

– Nous avons de nouvelles informations sur l'évolution de la zone euro, notamment à cause de la baisse du dollar. En octobre, nous nous attendions à un redémarrage de l'emploi, ce qui n'a pas été le cas, ce qui a pesé sur la consommation.

– Comment se fait-il que la plupart des prévisionnistes ont intégré ces données depuis déjà mi-2004 alors que le Seco est resté optimiste?

– La plupart d'entre eux ont révisé leurs prévisions en novembre ou en décembre. Ils pouvaient alors intégrer plus d'information sur la désaération en Europe. Aujourd'hui, nous sommes plus ou moins d'accord sur les perspectives économiques.

– Donc, tout va très bien?

– Non. La croissance est trop basse et ce n'est pas suffisant à long terme. Ce n'est pas comparable non plus par rapport à d'autres régions du monde. Mais nous sommes réalistes. Il s'agit aussi du taux moyen depuis une vingtaine d'années. Une croissance de 1,5%, ce n'est pas si mal pour la Suisse.

– Est-il possible de formuler une politique économique avec vos prévisions qui changent souvent?

– Ce n'est pas idéal. Mais nous sommes en face d'une situation européenne qui s'est beaucoup détériorée. Et ça personne ne l'avait prévu. Il faut remarquer que pour l'année 2004 notre prévision n'a jamais changé et on voit maintenant que c'était assez précis.