Le géant bancaire allemand Deutsche Bank a annoncé jeudi un bénéfice net de 2,3 milliards d’euros en 2010 (3 milliards de francs), une chute de 54% sur un an mais qui s’explique par des dépenses d’acquisitions et de restructuration pour gagner en puissance dès cette année.

Sans tenir compte des charges liées au rachat et à la consolidation de Postbank au quatrième trimestre, ou encore aux coûts de restructuration du groupe Sal Oppenheim, le bénéfice imposable de Deutsche Bank monterait à 6,5 milliards d’euros, soit une hausse de 25% sur un an. En intégrant ces diverses charges, le bénéfice avant impôts s’est établi à 4 milliards d’euros en 2010, contre 5,2 milliards en 2009.

«L’année 2010 était pour Deutsche Bank une année de transition et d’investissement dans l’avenir», et le groupe est à présent «préparé au mieux» pour générer davantage de revenus et plus de croissance, a déclaré son patron Josef Ackermann lors d’une conférence de presse à Francfort.

Il a confirmé une fois de plus l’objectif ambitieux du groupe de réaliser un bénéfice avant impôts de 10 milliards d’euros en 2011. «A moins de grosses surprises négatives, nous pensons que nous réussirons à atteindre cet objectif, qui serait le meilleur résultat de Deutsche Bank à ce jour», a-t-il déclaré.

Le groupe a généré un bénéfice opérationnel de 7,2 milliards d’euros en 2010, dont 6 milliards proviennent de sa division de banque d’investissement qui a ainsi réalisé «la deuxième meilleure performance de son histoire» après son record de 2006, a précisé M. Ackermann. Les rémunérations des 15 900 employés de la division de banque d’affaires ont du reste été augmentées de 4,5% en moyenne en 2010 pour atteindre une moyenne de de 372 765 euros par personne, selon l’agence Bloomberg.

Le patron suisse, dont le mandat prend fin en 2013, a pourtant à coeur de diversifier les sources de revenus du groupe afin de réduire son exposition aux chocs sur les marchés financiers.