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Les retraités obtiennent une rémunération supérieure aux assurés actifs, selon Swisscanto.
© Gaëtan Bally/Keystone

Prévoyance

La baisse du taux de conversion à 6% ne concerne que 10% des assurés

Tandis que la réforme Prévoyance vieillesse 2020 prévoit un abaissement du taux de conversion de 6,8 à 6%, les caisses de pension sont déjà passées à l’acte, selon une enquête de Swisscanto Prévoyance. La baisse du taux technique et du taux de conversion réduit les rentes des nouveaux retraités

Afin de réduire les risques et de les reporter sur les assurés, certaines institutions exigent qu’à partir d’un certain montant, le retraité prenne le capital et non pas la rente. Toutefois, 73% des caisses refusent de placer une limite à partir de laquelle l’assuré serait obligé de prendre le capital. «Les institutions agissent de façon responsable», commente René Raths, administrateur de Swisscanto, lors de la présentation de l’enquête de Swisscanto Prévoyance sur 507 institutions de prévoyance, présentée mercredi à Zurich. L’enquête dévoile par ailleurs que 58% des assurés, tant des caisses privées que publiques, partent à la retraite avant l’âge légal. En moyenne, le départ se produit 1,5 an avant.

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La réforme Prévoyance vieillesse 2020 – qui passera devant le peuple le 24 septembre prochain – prévoit un abaissement du taux de conversion pour la partie obligatoire (jusqu’à 84 600 francs) de 6,8 à 6%. Ce taux correspond au pourcentage auquel l’avoir de vieillesse des assurés est transformé en rente. Plus il diminue et plus la rente est basse. Avant même la votation, les caisses de pension ont déjà abaissé ce taux à 6%. Ce dernier était encore de 6,79% en 2008. Aujourd’hui, seul 10% des assurés sont concernés par cette baisse à 6%.

Certes, les caisses de pension ne peuvent pas réduire le taux sur la part obligatoire puisqu’il est fixé par la loi à 6,8% actuellement. Mais elles abaissent sensiblement le taux de la partie surobligatoire (au-dessus de 84 600 francs). Si bien qu’au final, le taux n’est plus que de 6%. Il faut savoir que la part LPP obligatoire représente 50% des caisses de pension, selon Swisscanto.

Un taux de 4% mine le 2e pilier

De grandes disparités existent entre les instituts de prévoyance. Le taux de conversion est compris entre 7,2% et 4% selon les caisses. «Un taux de 4% est exagérément bas. Il mine l’intérêt du 2e pilier puisqu’il signifie que le rendement du capital est nul», explique Othmar Simeon, directeur de Swisscanto.

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Les caisses de pension, afin de garantir leur stabilité, se doivent de réagir à l’évolution démographique et aux taux d’intérêt extrêmement bas. Elles réduisent non seulement le taux de conversion mais aussi le taux technique, c’est-à-dire le taux de rendement annuel que la caisse de pension espère obtenir à long terme.

Le taux technique n’est plus que de 2,19% (2,47% en 2015) pour les caisses de pension de droit privé et de 2,55% (2,74%) pour les instituts de droit public. La baisse est constante et significative. En 2011, ce taux était encore de 3,32% pour les caisses privées et de 3,49% pour les caisses publiques.

Au total, le taux de couverture s’est établi à 109,7% pour les caisses privées l’an dernier (110,4% en 2015).

Double d’alternatifs dans les grandes caisses

La performance des caisses de pension est correcte (3,58% en 2016, contre 1,13% en 2015), selon l’enquête. Le rendement des «grandes caisses» (plus de 500 millions de francs d’actifs) s’élève à 4%, contre 3,3% pour les «petites». Le sondage indique que les grandes caisses présentent une allocation en placements alternatifs de 8,3%, soit le double des «petites».

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La rémunération des avoirs de vieillesse des assurés reste «bonne», selon Swisscanto. Cette dernière est en moyenne de 1,72%, mais 41% des caisses privées et 58% des caisses publiques ne le rémunèrent qu’à 1,25%, un niveau qui correspond au taux minimum LPP.

La rémunération obtenue par les assurés actifs (1,72%) est inférieure à celle des retraités (2,53%). «La redistribution au détriment des salariés actifs se poursuit», indique Othmar Simeon.

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